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mardi 25 juillet 2017
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Plus de 11 années d’expérience dans l’apiculture guidées avant tout par la passion.

Pour Bruno, jeune trentenaire mécanicien automobile de métier et habitant la commune d’Anould, sa passion pour l’apiculture remonte à de nombreuses années, puisque c’est auprès de son grand père qu’il découvrit le monde des abeilles et de la fabrication du miel. Aujourd’hui, cela fait environ 11 ans qu’il exerce l’apiculture de manière amateur, sur son temps libre les week-end. Un projet lancé à l’origine avec son parrain, qui l’a guidé lors de ses premiers pas dans cette activité pour le moins peu évidente. Afin de partir sur de bonnes bases nécessaires à un travail efficace, Bruno, dès sa première année en tant qu’apiculteur, s’est rendu dans la rucher école du syndicat apicole de Remiremont, durant une dizaine de samedis. A cela, il a fallu ajouter d’innombrables heures de lecture, de patience et d’observation. L’apiculture étant tributaire de la nature, l’homme ne peut maîtriser le processus de A à Z, l’expérience s’aquierant au fil des années, car l’apiculteur est parfois confronté à de nouveaux problèmes jamais rencontrés auparavant auxquels il faut trouver une solution. Bruno possède par exemple une « ruche hôpital », où il peut gérer un cas urgent et s’occuper d’un essaim mal en point en le nourrissant pour qu’il se remette à produire. Par contre, il faut savoir qu’on ne nourrit jamais une ruche déjà en production.

L’une des reines de Bruno.

Aujourd’hui, il dispose de 8 ruches installées sur un terrain des plus verdoyants sur les hauteurs de Fraize, entouré de très nombreux arbres fruitiers. Un nombre de ruche qui devrait augmenter au fur et à mesure dans le futur. Ses abeilles produisent ainsi 2 des meilleures catégories de miels du territoire français, à savoir le miel des montagnes (considéré comme tel lorsqu’il est produit à plus de 400 mètres d’altitude) durant la première moitié de la saison, et le miel de sapin par la suite. En effet, une saison se divise généralement en 2 parties, débutant vers le mois de mai pour se terminer en septembre. Le miel des montagnes se récolte jusqu’à la mi-juin, les abeilles produisant ensuite principalement du miel de sapin. Il faut savoir qu’elles vont butiner jusqu’à 3 kilomètres autour de leur habitat ! Elles ont donc à proximité directe divers arbres fruitiers et fleurs, et plus haut et plus loin des sapins. Il est aussi intéressant de remarquer que plus la saison avance, plus les abeilles défendent leurs ruches, se montrant relativement passives jusqu’à la fin du mois de juin, pour devenir franchement agressives en septembre et attaquant tout intrus dans un périmètre de plusieurs mètres ! La célèbre combinaison d’apiculteur connue de tous devient alors obligatoire, de même que l’enfumoir, outil indispensable qui permet de calmer les abeilles en les faisant descendre plus bas dans les rayons, où elles se gorgent de miel et sont de fait moins agressives.

Au niveau du volume de production, Bruno estime que lors d’une très bonne année on peut espérer jusqu’à 35 kilos de miel par ruche, une très mauvaise saison, comme c’est le cas cette année, on peut s’estimer heureux avec 10 kilos par ruche. De très mauvaises conditions pour l’apiculture qui s’expliquent cette année par le fait qu’il n’y a pas eu de réel hiver, les essaims se développant de fait très rapidement et trop tôt, de plus le mois de juillet fut très pluvieux, ralentissant la production qui devrait en temps normal battre son plein. Pas d’inquiétude cependant selon lui, puisque à une bonne année de récolte lui succède la plupart du temps une mauvaise, sachant que l’année 2013 fut très satisfaisante, cette théorie se vérifie ! Une production qu’il écoule très rapidement et ce uniquement via le bouche à oreille, preuve en est de sa qualité, et uniquement sous forme de miel.

Il faut néanmoins savoir que l’apiculture coûte cher, et comporte de nombreux investissements de départ : il faut acheter certes les ruches, mais aussi au moins un essaim, la combinaison, l’enfumoir, ainsi que de nombreux ustensiles, très chers car tout en inox, dont l’extracteur et le maturateur, ce dernier permettant au terme d’une quinzaine de jours de faire remonter les impuretés qu’il pourrait y avoir dans le miel, indispensable pour l’obtention d’un miel des plus purs. A cela il faut ajouter le traitement contre le varois, ni plus ni moins que le pou de l’abeille, absolument nécessaire si on ne veut pas voir ses ruches décimées. Un traitement qui prend diverses formes, dont des bandelettes en plastique imprégnées du produit, mais qui est de toute manière obligatoire et doit être effectué une fois par an, après la dernière récolte de la saison. Tout apiculteur doit s’y conformer, puisqu’il est consigné dans le registre d’élevage que possède chacun d’entre eux. Enfin, il faut s’acquitter de la cotisation auprès du syndicat d’apiculteur local, celui des Hautes Vosges situé à Saint-Dié-des-Vosges pour Bruno, où il obtient par ce biais des tarifs préférentiels sur le matériel ainsi que de très précieuses informations sur l’état sanitaire de la vallée. Lorsqu’il s’est lancé, il y a de cela 11 ans, Bruno était le seul jeune du coin à l’époque à pratiquer l’apiculture, une tendance résolument en train de changer, avec un regain d’intérêt envers cette belle activité faite d’incertitudes, où l’homme doit accepter les conditions de la nature.




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