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dimanche 17 déc 2017
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Le lobby de l’eau, thématique du premier Café Citoyen de la saison.

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Les Cafés Citoyens déodatiens ont lieu chaque premier lundi soir du mois dans les locaux du bar l’Entracte 2, situé rue de la Prairie. C’est ce lundi 22 septembre que s’est tenu le premier de la saison 2014/2015, animé par l’association « Dé«Ô»vigie », qui agit pour un retour en régie municipale et en présence du journaliste indépendant Marc Laimé. Ce dernier a participé notamment au « Monde diplomatique », au « Canard enchaîné » et à « Sciences et Vie », et a également écrit un certain nombre d’ouvrages sur l’eau, dont le dernier en date, qui se nomme « Le lobby de l’eau », est paru il y a seulement quelques mois. Le lobby de l’eau, c’est précisément le sujet qui était au centre du débat hier soir. Car Marc Laimé l’affirme : la question de l’eau en France, et tout ce qui en découle, est vérouillée par une poignée de personnes, constituant de fait un véritable lobby. Un des problèmes majeurs selon lui est qu’en France – où il n’y pas moins de 37 000 services publics de l’eau, un chiffre bien supérieur à nos voisins Allemands, Italiens ou Anglais – la politique de l’eau soit dirigée depuis 1964, avec la création des 6 agences de l’eau françaises, par la facture d’eau de l’usager domestique. En effet, contrairement aux autres services publics, l’eau n’est pas financée par l’impôt.

Une singularité qui constitue un réel problème selon Marc Laimé, car la débudgétisation de ce service public a plusieurs conséquences : d’une part, l’opacité des flux financiers concernant l’eau en France, où l’on parle de 23 à 25 milliards d’euros de dépenses annuelles, personne n’étant en mesure d’affirmer avec exactitude le montant exact. Un delta de 2 milliards d’euros de dépenses annuelles dans la conjoncture actuelle, ce n’est pas une bagatelle, loin de là. D’autre part, le très faible nombre d’élus compétents sur ce sujet au sein de l’Assemblée Nationale, contrairement aux autres services publics, alors que l’eau est un secteur très technique et complexe qui nécessite plusieurs années pour en comprendre toutes les spécificités et qu’il concerne pas moins de 7 à 8 ministères. De fait, le savoir faire dans ce domaine est actuellement accaparé par les professionnels de l’eau en France, mêlant des acteurs du secteur privé et du public, notamment du ministère de l’agriculture, qui vérouillent toutes les instances, pourtant financées par les usagers.

Ceux que Marc Laimé nomme le lobby de l’eau, ce ne sont d’après lui qu’une centaine de personnes sur tout le territoire : une fraction d’élus inconnus du grand public, qui siègent dans toutes les instances relatives au secteur de l’eau et qui y font toute leur carrière, détenant 15 ou 20 casquettes différentes chacun, ainsi que des ingénieurs de 2 grands corps de l’Etat : les Eaux et Forêts les Ponts et Chaussées. Ces élus et ces ingénieurs ont ansi créé des associations de droit privé de loi 1901, subventionnées, et qui sous couvert d’être des sociétés savantes ne visent en réalité qu’à défendre les intérêts des grands groupes privés. Sachant qu’il faut ajouter à cela un désengagement massif de l’Etat sur cette question, les décisions concernant l’eau en France sont ainsi vérouillées par seulement quelques individus. Un sujet passionnant qui ne saurait cependant être résumé en un seul article, compte tenu de sa complexité, que vous pourrez approfondir si vous le souhaitez via le livre « Le lobby de l’eau » de Marc Laimé, paru le 12 juin dernier aux éditions François Bourin.




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