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vendredi 15 déc 2017
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« La supplique de Saint-Dié en 1944 » a officiellement intégré l’Hôtel de Ville déodatien ce vendredi soir.

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Réalisé en 1997, « La supplique de Saint-Dié en 1944 » est un tableau de grandes dimensions – il est en effet haut de 3,70 mètres pour 6 mètres de large – réalisé par le peintre feu Robert George, décédé en 1999 et qui participa activement à la vie politique de la cité durant de nombreuses années. Une oeuvre poignante représentant ceux qui en novembre 1944 ont tentés – en vain – de sauver l’hôpital Saint-Charles et la cathédrale de l’incendie ordonné par le général nazi Oberg au capitaine de la Wehrmacht Schneider. Ces hommes courageux que l’artiste a représenté, ce sont respectivement le maire Pierre Evrat, l’ancien maire, le représentant de la Croix-Rouge André Colin, le sous-préfet et l’évêque. Des bâtiments qui n’ont en effet pas été brûlés par l’occupant, contrairement à la majorité de la ville, mais qui ont été purement et simplement dynamités… En bas à droite du tableau, on retrouve les visages des Déodatiens qui furent fusillés et massacrés par les nazis, ainsi que deux portraits sans visages, symbolisant toutes les victimes civiles – hommes et femmes – tuées à Saint-Dié durant l’occupation. Exposé auparavant à seulement deux reprises, « La supplique de Saint-Dié en 1944 » dormait dans les réserves du musée Pierre-Noël depuis maintenant plus de dix années, un séjour durant lequel le tableau n’en est pas sorti indemne, puisqu’il se trouve aujourd’hui abîmé à certains endroits. Saluons à ce propos le travail remarquable des services Techniques de la Ville quant au recollement pratiquement parfait des différentes parties de l’oeuvre, qui domine désormais le Grand Salon de l’Hôtel de Ville, un emplacement qui lui sied par ailleurs comme un gant.

Son dévoilement officiel eut ainsi lieu ce vendredi soir à 19h, un événement marquant par la même occasion le coup d’envoi des festivités s’inscrivant dans le cadre du 70ème anniversaire de la Libération de Saint-Dié-des-Vosges qui dureront tout ce week-end. Une volonté de David Valence que d’installer ce témoignage de l’un des événements les plus importants – si ce n’est le plus important – de l’histoire de la ville au XXe siècle au sein de l’Hôtel de Ville qui remonte à sa campagne électorale, au début de cette année 2014. Mais avant de procéder au dévoilement tant attendu, c’est devant une assemblée venue très nombreuse, parmi laquelle se trouvaient de nombreux élus et officiels, notamment les membres de l’équipe municipale de Saint-Dié Avenir ainsi que ceux de la liste d’opposition d’Union Pour Saint-Dié emmenée par Serge Vincent, et aux côtés de Françoise George – veuve de l’artiste – que le premier magistrat a prononcé une allocution où l’émotion était des plus palpable. Rendant hommage à tous les martyrs de la Résistance, dont les frères Mougeotte, Emile Klufts ou les Déodatiens fusillés par les Allemands le 26 avril 1944 sur le terrain de la Vierge à Epinal, à « ces hommes morts débout, la conscience claire, qui ne sont pas devenus de la boue comme l’aurait souhaité l’occupant, mais qui sont devenus des exemples et des statues d’airains que nous porteront dans nos coeurs », il termina son intervention par quelques vers du poète péruvien César Vallejo. Une fois l’imposante oeuvre révélée, Françoise George a tenu à remercier le maire pour cette initiative, se disant « très émue » qu’il soit enfin exposé durablement, tout en rappelant notamment que la ville fut à moitié pillée par les Allemands avant d’être brûlée, un fait trop souvent méconnu. Après un échange de présents entre David Valence et Françoise George, ce moment fort, faisant fi des divergences d’ordre politique, s’est conclu par un traditionnel verre de l’amitié.

J.J.

 

 

 

 

 

 

 




Une réaction sur “« La supplique de Saint-Dié en 1944 » a officiellement intégré l’Hôtel de Ville déodatien ce vendredi soir.

  1. gargouel - bedel

    Hommage à tous les martyrs de la Résistance, à tout ceux qui ont laissé leur vie dans cette guerre comme mon oncle mort au camp de concentration de Monthausen.Et une pensée émue pour Robert George qui était également un combattant pour la Liberté.

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