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jeudi 14 déc 2017
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Conseil Municipal : la rationalisation, maître-mot du budget 2015.

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Hier soir s’est tenu le 9ème Conseil Municipal déodatien depuis l’arrivée aux affaires de l’actuel maire David Valence. Une séance un peu particulière, puisqu’elle eut non pas lieu un vendredi soir comme de coutume, mais ce mardi 2 décembre, s’intercalant entre les 3 épisodes dits « financiers » des 30 août, 20 septembre et 24 octobre derniers, lors desquels a été dressé un état des lieux de la situation financière de la Ville, et celui du 19 décembre prochain, où y sera voté le budget 2015. L’ordre du jour, qui ne comportait que 7 points, appelait notamment à débattre sur les orientations budgétaires 2015. Un débat d’orientation budgétaire (DOB) qui n’a cependant pas de valeur décisionnelle quant au budget qui sera voté dans un peu plus de 2 semaines, mais dont la vocation est d’annoncer les volontés budgétaires pour l’année à venir, en tenant compte des constats et prospectives de ce 2ème semestre. Des volontés budgétaires pour l’année 2015 qui devront se montrer rationnelles, puisque le désendettement de la Ville – priorité du mandat de David Valence – sera réellement amorcé l’an prochain.

Une rationalisation d’autant plus nécessaire compte tenu de la décision de l’Etat de diminuer la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) versée chaque année aux collectivités. Cette baisse, qui va s’étager sur plusieurs exercices et qui a d’ores et déjà débutée en 2014 – s’élevant à 276 000 – représentera concrètement à Saint-Dié-des-Vosges 670 000 euros de dotations en moins pour la seule année 2015. Une tendance qui se poursuivra pour 2016 et 2017, aboutissant à une diminution cumulée de 2,3 millions. Un manque à gagner en terme de solidarité, tant verticale – l’Etat – qu’horizontale – les Communauté de Communes les plus riches reversant aux plus pauvres au titre du Fonds National de Péréquation des Ressources Intercommunales et communales – que le maire a estimé hier « menacer notre vivre ensemble », auquel vient s’ajouter la baisse d’impôts de 5% décidée le 20 décembre 2013 par l’ancienne équipe municipale, supportée par l’actuelle équipe sans compensation, qui représente 750 000 euros de moins pour les caisses de la Ville par an. A cela vient s’ajouter la contraction d’un emprunt de 5,9 millions, tous budgets confondus, afin de couvrir notamment les déficits des concessions de la SEV (Société d’Equipement Vosgienne), ce qui fait qu’en 2015 l’épargne nette prévisionnelle sera négative. En conséquence, les marges de manoeuvres étant pour le moins réduites, il sera avant tout question en 2015 de rationaliser les différentes ressources dont dispose la Ville.

Une rationalisation nécessaire afin que Saint-Dié-des-Vosges puisse à terme se sortir de sa situation financière très délicate, qui passera par une forte réduction des charges, à caractère général, de gestion courante et de personnel. Les charges à caractère général – qui sont passées de 9 millions à 8,6 millions en 8 mois – devront être réduites à hauteur de 8% chaque année à compter de l’an prochain. Un objectif jugé « très ambitieux » par le premier magistrat déodatien, qui devrait s’accompagner d’une baisse – également annuelle – d’environ 6% des charges de gestion courante, incluant notamment les subventions aux associations et clubs sportifs, qui seront quant à elles réduites de 15%. Enfin, l’objectif sera de baisser conjointement les charges du personnel, via une réduction de la masse salariale de 2% par an. Se disant « conscient des sacrifices demandés et consentis », David Valence a apporté des précisions quant aux moyens employés pour réaliser cette importante réduction des dépenses réelles de fonctionnement : réorganisation des services, non remplacement des départs en retraite, mutualisation – via la Communauté de Communes – ou meilleure prise en compte de la GVT (Glissement Vieillissement Technicité). Des efforts que la municipalité souhaite cependant compenser, avec une meilleure écoute des agents municipaux ainsi qu’un un meilleur service, se matérialisant notamment par l’embauche cette année d’un médecin du travail attitré, un poste resté vacant 4 ans. C’est en jouant sur ces 3 tableaux que l’équipe municipale compte ainsi redresser, à terme, la situation financière de la ville.

Les investissements pour l’an prochain seront certes baissés, mais ils resteront à un niveau ambitieux, surtout compte tenu de l’état des finances. Ils se porteront ainsi à 3,1 millions d’euros, en légère diminution par rapport à 2014, où ils s’élevaient à 3,7 millions. Ils se concentreront tout particulièrement sur la rénovation de l’école Clémencet, la réfection du toit du tennis club déodatien, la seconde tranche des travaux de la place Jean XXIII du quartier Saint-Roch, la piétonisation de la rue d’Hellieule et la mise en sécurité d’un certain nombres de bâtiments scolaires, respectivement Vincent-Auriol, Claire-Goll, Paul-Elbel et l’école Clémencet. Une capacité à investir permise entre autres grâce à l’intercommunalité, là où beaucoup d’investissements ne pourraient désormais plus se faire seuls. « Si dans 6 ans les majorités changent, elles changeront. Mais si dans 6 ans je quitte cette fonction, battu par qui que ce soit, que nous avons construit ensemble une intercommunalité de projets et que nous avons réduit l’endettement de la ville, alors nous pourrons dire que nous avons bien travaillé » a conclu David Valence.

Une feuille de route budgétaire acceptée par l’opposition, aussi bien par les élus de la liste d’opposition d’Union Pour Saint-Dié que du Front National, représenté par la conseillère municipale Nathalie Tomasi. « N’attendez pas de notre part une surenchère, mais plutôt une solidarité. Nous savions que la situation est compliquée, et nous sommes dans un contexte où les marges de manoeuvres sont très étroites. Nous sommes courageux ce soir en acceptant ce plan, celui du bons sens » a assuré hier soir Serge Vincent, chef de file d’Union Pour Saint-Dié, avant d’ajouter que « la situation est difficile, car vivre dans ce pessimisme ambient est compliqué. Il faudrait donner un message aux Déodatiens. Nous proposons ce soir un geste symbolique, avec une poursuite de la diminution des impôts, de l’ordre de 1%, ce qui n’aurait pas un coût excessif, inférieur à 100 000 euros, mais qui laisserait de l’espoir aux gens. » Une suggestion prise en compte par le maire, qu’il a néanmoins jugée « difficile à mettre en oeuvre, car on ne trouve pas 90 000 euros sous les sabots d’un cheval. »

Les questions diverses, au nombre de 3 et posées par Jean-Louis Bourdon, Serge Vincent et Orhan Turan du groupe Union Pour Saint-Dié, portaient respectivement sur l’application de la loi Brottes sur une période expérimentale de 5 ans, le maintien de la liaison TGV Saint-Dié-des-Vosges – Paris et sur le bon fonctionnement et l’entretien des bornes à incendie se trouvant sur la commune. La loi Brottes permet la mise en place d’une tarification de l’eau différenciée selon la situations des ménages, et pourrait aboutir à une réduction de 20% du coût de l’eau essentielle – les 75 premiers mètres cube – pour les foyers. Une solution non envisagée par la majorité, car la baisse doit être compensée par le budget auprès du prestataire, préconisant plutôt une négociation dure avec ce dernier – la Lyonnaise des Eaux – pour faire baisser le prix de l’eau. Concernant cette ligne de TGV en service depuis le 10 juin 2007, bien qu’effectivement sous-fréquentée, le maintien de cette desserte est d’ores et déjà assuré jusqu’en 2016. Quant aux 310 bornes à incendies installées à Saint-Dié-des-Vosges, elles nécessitent un débit de 60 mètres cubes à l’heure et une pression de un bar pour être réglementaires, sachant qu’à l’heure actuelle, les pompiers déodatiens estiment qu’un tier d’entre elles ne sont pas conformes, bien que le centre-ville soit bien défendu. A ce propos, le contrat de maintenance de ces bornes, qui avait été signé avec la Lyonnaise des Eaux pour une durée de 3 ans, est arrivé à échéance en octobre dernier. En conséquence un nouveau contrat devra être réalisé prochainement.

J.J.




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