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mardi 22 août 2017
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Conseil Municipal : le désendettement de la ville amorcé à partir de 2015.

Hier soir le Grand Salon de l’Hôtel de Ville déodatien a accueilli le dernier Conseil Municipal pour l’année 2014. Une 10ème séance depuis la victoire aux élections municipales de David Valence en mars dernier des plus importantes, puisque c’est durant celle-ci que fut adopté le budget primitif pour 2015. Un budget qui suit stricto sensu et sans aucune nuance ce qui avait été évoqué lors du débat d’orientation budgétaire (DOB) le 2 décembre lors du précédent conseil. A savoir amorcer le désendettement de la ville dès 2015 via 3 principaux leviers, respectivement une réduction des charges à caractère général, de gestion courante et de personnel, tout en maintenant l’investissement, ceci afin d’éviter un phénomène d’asphyxie. En préambule, le maire a salué de concert le succès d’AquaNova America pour sa première année d’exploitation, qui a réalisé 180 000 entrées et vis à vis duquel il s’est montré de prime abord « sceptique », l’important travail réalisé au niveau de la communauté de communes, désormais nommée Communauté de Communes de Saint-Dié-des-Vosges, de même que la mobilisation « exceptionnelle » des services de la ville.

Aucune surprise concernant la fiscalité l’an prochain, qui restera inchangée, le désendettement se concentrant exclusivement sur les 3 leviers énoncés lors du précédent paragraphe. Ainsi, les charges à caractère général seront réduites pour 2015 à hauteur de 7,47%, ce qui représente 704 000 euros sur un budget total d’environ 10 millions, les charges de gestion courantes le seront de 4,09%, pour 176 000 euros d’économies sur un budget de 4,4 millions. Quant aux charges du personnel, elles verront leur budget de 16,7 millions d’euros diminuer de 2,99%, une réduction qui permettra une économie de 500 000 euros dès l’an prochain, dont 200 000 euros sont liés au transfert de l’école de musique CEMOD à la Communauté de Communes. De plus, les indemnités perçues par les élus de l’actuelle équipe municipale sont passées de 355 000 euros annuels en 2013 à 324 000 euros, soit une diminution d’environ 10%. Ceci en prenant en considération que la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) – une aide apportée par l’Etat – va diminuer pour la même période de 677 000 euros, alors que dans le même temps la DSU et la DNP (respectivement la Dotation de Solidarité Urbaine et la Dotation Nationale de Peréquation) vont augmenter de 255 000 euros. En clair, les dotations de l’Etat vont ainsi baisser de 422 000 euros pour 2015.

Un contexte difficile où 3,1 millions d’euros d’investissements divers seront maintenus, qui comprendront la réfection du toit du Tennis Club déodatien pour 360 000 euros, la piétonnisation de la rue d’Hellieule pour 260 000 euros, la seconde tranche des travaux de la place Jean XXIII du quartier Saint-Roch pour 130 000 euros, la rénovation de l’école Clémencet pour 150 000 euros ou des dépenses liées à éclairage public pour 153 000 euros. Pour parvenir à maintenir un investissement supérieur à 3 millions d’euros annuels – certes faible pour une ville de la taille de Saint-Dié-des-Vosges – la Ville devra emprunter 2 millions d’euros par an, pour aboutir à un désendettement net pour 2015 et 2016 de 1,9 millions d’euros chaque année. Ces prêts viennent s’ajouter aux 2 contractés précédemment et déjà évoqués antérieurement, qui permettent quant à eux de régulariser les comptes du passé d’opérations lancées par l’ancienne municipalité, et qui s’élèvent à 5,9 millions d’euros, respectivement 4,9 millions pour le premier – sur lequel 3,7 millions d’euros sont utilisés pour clôturer les comptes de la SEV (Société d’Equipement Vosgienne) et 1,2 million pour combler la non-réalisation de la cession du terrain de l’ancienne piscine – et un million pour le second. 2 lourds prêts nécessaires n’impactant pas le désendettement net de la Ville amorcé dès l’an prochain, qui sera bien de 1,9 million d’euros annuels. De plus, et conformément à ce qui a été préconisé lors du DOB, les subventions versées aux associations et clubs sportifs seront revues à la baisse, une baisse non systématique qui se fera au cas par cas. Une présentation du budget primitif occasionnant des frictions avec l’opposition, et ce avant le vote de ce dernier par le conseil municipal.

Des frictions non pas avec l’élue Front National Nathalie Tomasi, approuvant les propositions préconisées par la majorité, mais avec Union Pour Saint-Dié, où la forme du débat – plus que le fond – a amené des tensions entre les élus déodatiens. Car si le groupe d’opposition emmené par Serge Vincent propose certes des mesures différentes de celles de la majorité de Saint-Dié Avenir, il approuve cependant ce choix budgétaire recourant à la dette pour financer les investissements, jugés faibles mais cohérents au vu du contexte. Les points de désaccord concernent notamment la part allouée à la piétonnisation de la rue d’Hellieule – jugée trop importante – la baisse des subventions aux associations – jugée elle aussi trop importante – et la non baisse de la taxe d’habitation, que UPS souhaiterait voir diminuer de 2% tout en maintenant la taxe foncière à son niveau actuel. Une baisse des impôts qu’ils considèrent comme la grande priorité des années à venir pour relancer l’attractivité de la ville et ainsi impulser son redressement financier.

Mais c’est la forme du débat qui fut source de tension entre les 2 parties hier soir, tout particulièrement en ce qui concerne la baisse de subventions, envers laquelle les élus d’UPS auraient souhaité participer à un vote à ce propos. « Il n’y a pas eu de vote » a affirmé le maire, avant d’ajouter que « vous [les élus UPS] n’avez rien demandé à ce propos lors des commissions ». « Vous dites qu’il n’y a pas eu vote alors qu’il y a eu vote » rencherit le chef de file d’UPS. « Monsieur Vincent, tout cela est très décevant. On tend la main à l’opposition, on lui permet d’avoir un impact réel sur le coeur de la politique municipale, et elle refuse » a estimé le maire en guise de conclusion de cette altercation verbale, durant laquelle a été évoquée l’annulation des Arts en Liberté pour l’année à venir, remplacés par des animations espacés le long de l’été et notamment au mois d’août. Un budget primitif 2015 qui a donc été adopté par 28 pour et 7 voix contre. Les autres points à l’ordre du jour ont entre autres abordé les emprunts dits « toxiques » contractés par la précédente équipe municipale, dont les taux – variables – ont été fixés pour les 6 prochaines années. Une longue séance qui s’est cependant achevée sur une note d’humour, où pour tordre le cou aux récentes rumeurs, David Valence a tenu à préciser qu’il était actuellement un maire célibataire.

J.J.




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