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samedi 21 juil 2018
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Les élèves du lycée Georges-Baumont sensibilisés à la délinquance routière avec l’association Marilou.

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« Le 1er janvier 2002, à 4 heures du matin, nous avons été victimes d’un accident de la circulation à 7 kilomètres de chez nous… Notre fille Marilou, 9 ans, attachée à l’arrière, nous a quittés ce matin là… Nous avons rapidement appris que le chauffard était sous l’emprise du cannabis. A l’époque, cela ne constituait pas un délit ». Quelques mois après le dramatique accident, Nadine et Philippe Poinsot, les parents de Marilou, décidèrent d’entamer le combat contre la délinquance routière, en créant une association portant le nom de leur jeune fille disparue. Son tout premier objectif fut d’obtenir une loi sanctionnant la conduite sous l’emprise de stupéfiants, comme pour l’alcool. Cette loi, elle fut définitivement adoptée à l’Assemblée Nationale le 23 janvier 2003. Alors Garde des Sceaux, Dominique Perben l’a dédiée à la petite fille, puisque la loi n°2003-87 parue au JO le 3 février est dite « Loi Marilou ». Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et les actions se sont multipliées, avec notamment un engagement sans faille de « relais », le plus souvent d’autres parents endeuillés, des membres de familles de victimes, des proches… Philippe Poinsot s’étant éteint le 7 novembre dernier, c’est sur fond d’hommage que les membres de l’association comptent poursuivre la démarche, entretenir la mémoire de Marilou, mais aussi et surtout transmettre des messages, afin que le carnage sur les routes s’arrête enfin.

Jean-Luc Callebaut, « relais » de l’association Marilou, s’est rendu ce matin au lycée Georges-Baumont, pour y témoigner et rencontrer quelques 250 élèves des classes de seconde, issus des sections générales comme professionnelles. Une intervention qui s’inscrit dans le cadre de la semaine de la sécurité routière, pour laquelle l’établissement scolaire déodatien répond présent chaque année depuis maintenant une décennie. Maîtrisant ses sujets sur le bout des doigts, il sensibilisa les lycéens quant aux dangers que sont l’alcool, le cannabis, la vitesse, la ceinture de sécurité ainsi que l’utilisation du téléphone portable au volant. « Sur 10 accidents, 9 sont dus au comportement du conducteur, et pourraient être de fait évités » insiste t-il. 2 heures de projections diverses, de questions et de tranches de vies débutant légèrement, avec une bonne dose d’humour. Car Jean-Luc Callebaut y tient, l’entrée en matière doit rester bon-enfant. Le ton change lorsque est évoqué le destin tragique de Terry, 19 ans, décédé le 30 juillet 2007 dans un accident de scooter, fauché par un conducteur en état d’ébriété au volant d’un tracteur. « Terry, c’était mon fils » glisse Jean-Luc Callebaut. Silence écrasant dans la salle. Terry a rejoint la liste interminables des jeunes de 18-24 ans tués par des chauffard. Pourtant, il suffirait de finalement peu de choses pour éviter ces drames de la route : une parole, un geste, pour convaincre, se convaincre de ne pas prendre le volant… Mais Jean-Luc Callebaut, et plus généralement les proches des victimes, tiennent également à dénoncer la trop grande clémence de la justice à l’égard de ces chauffards. A l’avenir, les membres de l’association Marilou souhaitent notamment développer des stages de confrontation aux victimes aux juridictions, tout en continuant les actions de sensibilisations. « Car quand on sait plus, on risque moins » conclut Jean-Luc Callebaut.

J.J.




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