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mardi 23 oct 2018
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Conseil Municipal : « Le budget primitif pour l’année 2016 est un budget contraint, mais c’est un budget d’espoir ».

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Le Conseil Municipal déodatien s’est réuni hier soir au sein du Grand Salon de l’Hôtel de Ville. Cette dernière séance de l’année 2015 était notamment caractérisée par les votes du budget primitif 2016 ainsi que d’une importante démarche volontariste relative au développement durable à Saint-Dié-des-Vosges, intitulée « année verte ». Lors du premier point d’information, le maire David Valence est revenu sur la situation financière de la Ville, comme c’est désormais la coutume chaque mois. Par rapport à l’année dernière à la même période, les charges à caractères générales ont baissé de 4,7%, ce qui équivaut à une économie de 349 000 euros, alors que dans le même temps, les charges de personnel ont diminué de 2,8%, soit 426 000 euros. En retirant les transferts à l’intercommunalité, on obtient pour ces mêmes charges de personnel une réduction de 0,8%, ou 126 000 euros, tandis que le solde de trésorerie s’élève quant à lui à 6 345 000 euros. Après le paiement des rétrocessions à la SEV, ce solde est encore positif, puisqu’il est de 4 969 000 euros. Le premier magistrat a ensuite dressé un état des lieux de la situation actuelle quant à l’adhésion ou non des communes environnantes au Schéma Départemental de Coopération Intercommunale, et par extension à la constitution d’une Communauté d’Agglomération déodatienne. Sur les 55 communes ayant exprimé leur vote, 41 d’entre elles ont voté « Pour », 12 « Contre » et 2 se sont abstenues. Avant d’aborder le premier des 15 points inscrits à l’ordre du jour, le maire rappela également que lors du premier tour des élections régionales, le dimanche 6 décembre dernier, la liste « Unissons nos énergies » emmenée par Philippe Richert a enregistré le meilleur résultat des Vosges, en récoltant 31% des votes exprimés.

Rapporté par l’adjointe notamment déléguée aux Commerces Marie-José Loudig, le 5ème point concernait l’ouverture des commerces le dimanche, en application des dispositions de la loi du 6 août 2015, dite loi Macron. En vertu de cette loi, les commerces peuvent désormais être ouverts 12 dimanches par an, contre 5 auparavant. Après une consultation préalable des commerçants déodatiens, les dates suivantes ont été soumises au vote des élus du Conseil Municipal, puis adoptées à l’unanimité par ces derniers : les 10 janvier, 7 février, 13 mars, 22 mai, 26 juin, 28 août, 18 septembre, 2 octobre, 20 novembre, 27 novembre, 11 décembre et 18 décembre. Ces dates concernent l’ensemble des commerces hors concessions automobiles, qui bénéficient quant à elles de 5 dimanches d’ouverture afin d’organiser leurs opérations de portes-ouvertes, respectivement les 17 janvier, 13 mars, 12 juin, 18 septembre et 16 octobre. L’adjoint délégué aux Finances Jean-Paul Besombes se pencha ensuite sur les emprunts complexes – ou toxiques – un sujet devenu récurent des conseils municipaux déodatiens depuis un peu plus d’un an et demi. En considérant que les provisions pour risques et charges au titre des emprunts complexes souscrits avant le 1er janvier 2014 ne constituent pas une dépense obligatoire, il a été proposé aux membres du Conseil Municipal de procéder à l’ajustement de la provision non budgétaire concernant ces emprunts. Car pour faire face aux emprunts toxiques, la Municipalité provisionne chaque année des sommes, dans l’éventualité où elle devrait être contrainte de s’acquitter des taux d’intérêts. A titre d’exemple, l’emprunt DEXIA, particulièrement dangereux car indexé sur une parité entre l’Euro et le France Suisse, affiche pour l’année 2015 un taux d’intérêt de 21,63%, ce qui représente 847 242 euros.

Après le vote à l’unanimité de cette proposition, ce fut au tour de Marc Frison-Roche, adjoint délégué au Développement durable, de présenter en détail l’« année verte », un vaste programme engageant à la fois les agents municipaux et les habitants sur le développement durable et ses nombreux enjeux. Impulsée par la Ville de Saint-Dié-des-Vosges, cette « année verte » découle, selon les mots du maire, « d’un vrai volontarisme et d’une véritable ambition ». La Municipalité souhaite ainsi faire de l’écologie et du développement durable 2 de ses priorités pour l’année 2016, et affiche à travers cette démarche la volonté « d’opérer une véritable synergie entre des projets et des programmes transverses, menés avec des interlocuteurs impliqués dans les services de la mairie, dans les autres collectivités, mais aussi avec l’ensemble de la société ». Autour de 3 enjeux majeurs, à savoir l’ancrage de la ville dans son milieu naturel et géographique, la préservation et le développement d’espaces naturels ainsi que la promotion et la gouvernance de la nature dans la ville, ce programme se matérialisera par de nombreuses actions concrètes, comme l’aménagement d’un parc sur la rive gauche de la ville, de même que la création d’une aire de co-voiturage et d’un arboretum urbain, la poursuite de l’opération « J’adopte une ruche », la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires ou encore l’extinction nocturne, de 1h à 5h du matin, d’une grande partie de l’éclairage public. Un projet ambitieux adopté hier soir par le Conseil Municipal et sur lequel nous reviendrons très prochainement.

Evoqué dans ses grandes lignes le mois passé lors du débat d’orientation budgétaire, le budget primitif pour l’année 2016 a tout d’abord été présenté par le maire David Valence, à l’heure où l’exercice en cours n’est pas totalement clos. Une nouveauté par rapport à ce qui était d’usage avec la précédente équipe municipale qui permet d’aborder franchement la nouvelle d’année, tout en sachant qu’un excédent substantiel sera réalisé sur l’exercice 2015. Le budget primitif poursuivra ainsi les objectifs identifiés l’an dernier par le cabinet Delouatte qui, pour rappel, sont de baisser annuellement les charges à caractère générales de 8%, les charges du personnel de 2% et les autres charges de 6%. Dans les faits, cela représente une baisse des dépenses de fonctionnement de l’ordre de un million d’euros. Dans un contexte où les dotations de l’Etat baisseront à nouveau de 670 000 euros en 2016, le maintien de ces objectifs a été qualifié comme étant « extrêmement ambitieux » par le premier magistrat, et laisse peu de marges de manoeuvres à la Municipalité. Ce budget se caractérisera également par un désendettement net à hauteur de 1,4 millions d’euros tous budgets confondus, mais aussi par une augmentation des investissements, de 700 000 euros par rapport à 2015, qui atteindront le chiffre de 3,8 millions d’euros. Certes insuffisante et très nettement inférieure à ce qu’elle devrait être pour une ville de cette taille, cette enveloppe d’investissements revue à la hausse permettra néanmoins de « retrouver un peu souffle », toujours selon David Valence.

« C’est un budget fortement contraint qui vous est proposé ce soir, mais c’est un budget d’espoir et, soyons lyrique, d’amour pour la ville » a t-il poursuivi, avant de brièvement revenir sur les principales décisions prises lors du Conseil Municipal lors des différentes séances de l’année 2015. Furent notamment votées au cours des 12 derniers mois la création ponctuelle d’une aide à la mobilité, la signature de la paix scolaire avec les écoles maternelles et primaires privées, la clôture définitive de comptes de la SEV, la création d’un service d’urbanisme mutualisé à l’intercommunalité, le transfert de la médiathèque à cette même intercommunalité, la signature d’un nouveau Contrat de Ville, l’adoption d’un avenant au contrat de délégation de service public avec ELIOR ou l’adoption du Schéma Départemental de Coopération Intercommunale. L’année fut également marquée par l’ouverture de l’EHPAD des Charmes, le déploiement partiel de la fibre optique, le remplacement d’une partie des lampes à sodium par des ampoules à LED, la piétonnisation d’une partie de la rue d’Helieulle, les travaux de la place Jean XXIII, la remise en état du parcours de santé de la Tête de Saint-Roch ainsi que le désamiantage du bâtiment du tennis couvert.

Se tournant vers l’avenir, le maire détailla ensuite les principaux investissements à venir, financés en partie par un emprunt de 2 millions d’euros. Le scolaire sera à nouveau l’une des priorités de l’actuelle équipe municipale, avec la poursuite des travaux à l’école Clémencet, qui concerneront cette fois-ci le chauffage et l’isolation, et avec la création d’un dépose-minute aux abords de l’école Paul-Elbel. Le bâtiment du tennis couvert sera lui aussi isolé, via l’installation de 2 pignons à chacun de ses côtés. Une maison de service au public sera acquise et aménagée au coin de la place Jean XXIII, tandis que le foyer Saint-Martin fera lui aussi l’objet d’une acquisition par la Ville. Quant à la voirie, le montant qui lui est alloué en 2016 se monte à 300 000 euros, soit 100 000 euros de plus qu’en 2015. L’investissement le plus coûteux concerne la rive gauche, avec la création et l’aménagement d’un parc sur le terrain de l’ancienne piscine municipale, pour un coût estimé à 950 000 euros. Les projets de créations de nouvelles pistes cyclables et d’un skate-park ne sont pas oubliés, mais sont pour le moment repoussés, comme la réorganisation du carrefour de la place de la cathédrale. Initiative privée, la construction d’un nouveau cinéma, qui sera réalisée avec un soutien public, devrait quant à elle débuter d’ici la fin de l’année 2016.

La présentation du budget primitif terminée, vint le moment des réactions des membres de l’opposition. Pour Michel Cacclin, consacrer 950 000 euros à l’aménagement d’un parc rive gauche est « vraiment exagéré », le conseiller municipal estimant que l’investissement concernant ce dernier « aurait pu être moins coûteux ». De plus, il aurait selon lui été plus judicieux de faire du carrefour de la cathédrale une priorité, « le principal problème de circulation à Saint-des-Vosges », et non pas consacrer 190 000 euros à l’aménagement de carrefours giratoires. « Votre argumentation quant au parc de la rive gauche me fait plus penser à hier qu’à aujourd’hui. Renseignez vous, et vous constaterez que pour cette surface, qui est de 10 000 m², le coût moyen d’aménagement est généralement bien plus élevé. Je vous mets au défi de trouver quelque chose d’intéressant et de sympathique pour un budget moins élevé. Concernant le carrefour de la place de la cathédrale, c’était à la base un aménagement provisoire de l’ancienne équipe municipale. Mais comme pour les pistes cyclables, cette question sera intégrée dans un futur plan global de circulation » lui a répondu David Valence. Le débat s’est quelque peu envenimé lorsque le chef de file d’Union Pour Saint-Dié Serge Vincent a émis 2 propositions, la première étant de baisser les impôts, « une baisse qui devrait être dans un premier temps symbolique, pour aboutir à une baisse de 5% de la taxe d’habitation ».

La seconde proposition, « qui ne se cumule et que je n’aurais moi même pas soutenu il y a encore quelques semaines », est de geler le niveau de la dette de la ville pour une durée de 5 ans. En clair, cela consisterait à utiliser les sommes originellement destinées au remboursement de la dette pour renforcer l’investissement. C’est après avoir notamment constaté le nombre important de « votes durs » dans les quartiers lors des récentes élections régionales que l’élu a eu cette idée. « Ces Déodatiens qui se sont exprimés ainsi sont en souffrance à titre personnel. Nous devons prendre en compte de cri. Je prends ma part de responsabilité. Nous devons consacrer tous nos efforts à l’investissement, car si l’on reste sur ces marges de manoeuvres, on n’arrivera pas à investir plus et redonner confiance aux habitants » assure Serge Vincent. Et David Valence de lui répondre en se disant « soulagé qu’aujourd’hui, et pour la première fois depuis 2 ans, vous adoptez une rhétorique responsable. C’est un choix politique respectable, beaucoup plus responsable que ce je j’avais entendu jusqu’ici de votre part. C’est un vrai débat politique, mais faut-il reprendre ce chemin là ? C’est une solution de facilité et de confort, mais nous pouvons en discuter. Mais je ne pense pas que geler la dette pour 5 ans, et ainsi léguer la patate chaude à l’équipe suivante, est un discours que l’on peut tenir dans un contexte de baisse de dotations de l’Etat ». Une réponse qui amena à de nombreux et houleux échanges entre les 2 élus, qui furent suivis par l’adoption du budget par la majorité.

La séance s’est conclue sur un ton plus léger, avec une question diverse de la conseillère Roselyne Froment au sujet du passage, dans la nuit du 4 au 5 avril 2016, de la TNT en Haute Définition pour les foyers déodatiens la recevant via une antenne râteau. « Ces foyers doivent s’assurer que leur téléviseur est compatible Haute Définition. Pour savoir si un téléviseur sera prêt pour le 5 avril prochain, il faut vérifier sur ce dernier la présence des logos TNT HD ou HD TV, ou visualiser le logo « Arte HD » sur les chaînes 7 et 57. Dans tous les cas, il ne sera pas nécessaire de changer de téléviseur, puisqu’il est possible d’acheter un adaptateur TNT HD compatible, vendu environ 25 euros dans le commerce » lui a répondu Mustafa Guglu, adjoint délégué au Développement numérique, qui ajouta enfin qu’une reprogrammation des chaînes télévisées sera cependant inévitable.

J.J.




2 réactions sur “Conseil Municipal : « Le budget primitif pour l’année 2016 est un budget contraint, mais c’est un budget d’espoir ».

  1. Lafeuille

    950 000 euros pour un bout de gazon.Pierret n’aurait pas fait mieux. Comme dans le reste du pays, les élus n’ont pas le sens des réalités.Et on se plaint d’aller dans le décor! C’est vrai que mettre tous ses fers au feu rapporte des sous( Conseiller règional maire etc) mais laisse le pauvre quidam de base dans sa précarité.Et encore, on ne sait pas tout des dépenses de la ville. Il y a des rubriques…discrètes. Le même que Pierret je vous dis!

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  2. Lafeuille

    Le grand écart de David Valence

    En 2014, il affirmait qu’il serait un maire à temps plein et ses proches venaient dans nos réunions publiques pour demander à Serge Vincent d’abandonner son cabinet d’expertise comptable.

    DV ressort également l’argument classique des « cumulards » de droite et de gauche (et aussi du Front National : « c’est pour servir ma ville ».

    Voici ce que dit DV dans Vosges Matin de ce jour :
    Lors du dernier conseil municipal, Serge Vincent a rappelé votre promesse d’être un maire à plein-­temps. Est-­ce que votre nouveau mandat de conseiller régional est compatible avec la notion de maire à plein-­temps ? Oui. Quand je disais « maire à plein-­temps », ça voulait tout simplement dire que je vivrais à Saint­-Dié. Que j’y vivrais toute la semaine, ce qui est le cas. C’est une ville où j’habite, où je resterai un élu de proximité, qu’on peut croiser dans la rue, sans aréopage autour de lieu, sans protection, sans cour autour de lui et cette dimension de la proximité j’y resterai fidèle, c’est mon tempérament et c’est vraiment ma vision du mandat de maire. J’ai décidé d’être candidat aux élections régionales parce que je pensais qu’il fallait un représentant de la ville de Saint­-Dié­-des-­Vosges dans ce conseil régional. Ça a toujours été le cas. Je resterai conseiller régional. Je n’ai pas d’ambition autre au sein de ce conseil que de défendre les dossiers de la ville de Saint-Dié­-des-­Vosges. Je resterai un maire de proximité. Simplement, je m’implique à la Région car c’est un des lieux où l’avenir de Saint-­Dié­-des-Vosges va se décider ».

    Or DV vit en partie à Paris où selon des sources bien informées il a conservé une activité régulière. Il y a d’ailleurs un appartement ainsi qu’il l’a révélé à Vosges Matin au lendemain des attentats du 13 novembre. Moi qui qui vis à temps plein à Saint-Dié, je n’ai pas d’appartement à Paris.

    Par ailleurs, on se demande quel est pour DV le rôle de G. Cherpion, député et électeur à Saint-Dié. Faut-il en déduire que pour DV, notre député, également élu au Conseil Régional, ne défendrait pas notre ville ?

    Alors qu’une majorité des français est contre le cumul des mandat (voir article ci joint), certains s’y accrochent faisant certainement le lit du rejet des politique par les électeurs.

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