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vendredi 20 juil 2018
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Pour Heïdi Collombier, les plantes sauvages des Vosges n’ont plus aucun secret

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Portrait_Heidi_Collombier_Plantes_Sauvages

Alors que le printemps arrive à grands pas et que la nature sort de sa torpeur hivernale, Heïdi Collombier va une fois encore arpenter les forêts, clairières et champs de la Déodatie à la recherche de plantes sauvages.

Les plantes sauvages et leurs différentes propriétés, la Taintrusienne les connait sur le bout des doigts. « Mon père était berger. Il les utilisait beaucoup car il vivait en autarcie. J’ai donc découvert les plantes sauvages dès mon enfance. » Mais c’est bien plus tard que s’est développé son intérêt pour l’ail des ours, les orties, les pissenlits, le sureau, la reine des prés, la mâche sauvage ou encore l’oseille. Plus précisément lorsque avec son mari Jean-René, elle a ouvert la ferme auberge « La Charriole » à Taintrux. C’était en 1975.

« A l’époque nous étions tous 2 cadres avec mon mari, mais on souhaitait avoir une vie plus au contact de la nature. On a donc décidé d’acheter une vieille ferme vosgienne et d’en faire une ferme auberge. Ce qui était très rare à ce moment là. Beaucoup de gens n’ont pas cru en notre projet, mais on a voulu montrer qu’on pouvait vivre de l’agriculture autrement. On a donc fait nous même la grande partie de nos productions et nous avons incorporé des plantes sauvages dans notre cuisine. Le succès a été immédiat et nous avons été très vite débordés. »

Mais c’est une fois à la retraite, en 2003, que Heidi Collombier a réellement développé ses connaissances pour les plantes sauvages, lors de formations en France et en Suisse avec des botanistes et des pharmaciens. « Pendant 2 ans, j’ai fait plusieurs stages pour connaître les différentes plantes et apprendre à les travailler. Notamment avec Meret Bissegger et François Couplan, qui sont tous 2 des références en la matière. Puis j’ai souhaité faire profiter les autres de mes connaissances. Alors j’ai créé l’association Cuisine Sauvage en 2005. Là aussi, le succès a été rapide, puisque nous étions 85 adhérents en seulement 2 ans. Nous organisions 3 ateliers par semaine à Taintrux et nous avions un site Internet avec toutes nos recettes. En parallèle, j’ai animé des ateliers avec l’association Vosges en Marche, qui est basée à Basse-sur-le-Rupt. Des personnes de tout le Grand Est participaient à ces ateliers. A cette période, j’ai aussi donné des conférences pour l’ONF, dans le cadre des Sylviades, j’ai sorti un livre consacré aux plantes sauvages pour la Chambre d’Agriculture de Lorraine et j’ai animé ateliers participatifs lors du Festival International de Géographie. J’ai également formé toutes les fermes auberges de Lorraine à la cuisine sauvage, en 2009 et 2010. »

En 2016, après 12 ans à la tête de Cuisine Sauvage, Heidi Collombier a décidé de raccrocher son tablier. « J’estime avoir fait le tour des plantes sauvages des Vosges. Des plantes qui s’appauvrissent d’ailleurs de plus en plus, car les paysans fauchent de plus en plus tôt. Les plantes n’ont donc pas le temps de se resemer. Maintenant, il faut vraiment connaître les bons coins pour trouver des plantes sauvages. Et même si Cuisine Sauvage n’existe plus aujourd’hui, d’anciennes membres ont repris le flambeau en créant à leur tour des associations.»

Son histoire avec les plantes sauvages n’est toutefois pas terminée. « Depuis la Toussaint, je travaille sur un livre de recettes à la fois sauvages et traditionnelles, que j’écris principalement pour transmettre mes connaissances à mes petites filles. Comme ça la boucle sera bouclée. On y retrouvera mes spécialités, comme les spaetzle et le strudel à l’ail des ours, la tarte aux fleurs de sureau, le velouté à l’épiaire des bois, la crème brûlée ou le kir à la graine de berce. » Une affaire à suivre…

J.J.




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