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dimanche 25 août 2019
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La stèle dédiée à Hugo de Spitzemberg s’est déplacée rue de la Corvée.

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Auparavant installée dans une propriété privée, la stèle dédiée à Hugo de Spitzemberg, un noble déodatien qui fut assassiné lors de la Terreur par des émeutiers, a été déplacée rue de la Corvée.

Désormais visible de tous, ce monument datant du début du XIXe siècle porte une plaque à l’initiative de la Société Philomatique Vosgienne, sur laquelle on peut y lire : « Le 1er septembre 1793, Louis-Charles Toussaint Hugo de Spitzemberg fut rejoint ici par des émeutiers puis écharpé à la Croix de Périchamp ». Samedi après-midi, lors de l’inauguration de la stèle à son nouvel emplacement, l’actuel président de la Société Philomatique Vosgienne Jean-Claude Fombaron ouvra une parenthèse historique, en revenant en détail sur les événements ayant conduit à la mort de Hugo de Spitzemberg. Aux côtés du maire David Valence et de l’adjointe à la Culture Claude Kiener, et devant une assemblée parmi laquelle se trouvaient d’autres élus déodatiens, la directrice scientifique du musée Pierre-Noël Eléonore Buffler ainsi que d’autres membres de la société savante déodatienne, il se plongea le temps de quelques instants dans la période de la Terreur, « une période difficile, de crise, de pénuries et de rumeurs ».

« La France se trouvait quasiment dans un état de guerre civile. Les 19 et 20 avril 1793, 7 suspects sont arrêtés. Ils sont rapidement rejoints par 2 autres personnes, considérées elles aussi comme des traîtres potentiels envers la jeune Première République française. Le 1er juillet, les prisonniers sont transférés vers l’évêché de Saint-Dié, soit dans les locaux de l’actuel musée Pierre-Noël. Au début, les conditions de détention ne sont pas très difficiles. Mais le 1er septembre, des bruits de trahison courent. Une foule se rend à l’évêché et pénètre dans les lieux à la recherche des personnes emprisonnées. Informées de l’arrivée des émeutiers, ces dernières décident de s’enfuir. L’un d’eux, Hugo de Spitzemberg, se fait rattraper tout proche de l’endroit où se trouve désormais la stèle érigée en sa mémoire. Les émeutiers l’ont ensuite amené à la Croix de Périchamp, près de l’actuel quartier Kellermann, où il a été assommé par un coup de bâton, lardé d’une trentaine de coups de pique puis détroussé. Après sa mort, son hôtel de ville de la rue Thiers a été pillé ».

« La Philomatique s’est penchée à plusieurs reprises au chevet de ce monument » poursuit Jean-Claude Fombaron, une fois sa parenthèse historique refermée. C’est précisément la société savante déodatienne qui sollicita la Municipalité afin que cette stèle commémorant « un jalon essentiel de l’histoire locale » soit placée au carrefour des rues de la Roches-des-Fées et du Beau-Jardin. Fermement ancrée sur un socle fait de grès de Bleurville, elle fut pour l’occasion en partie restaurée. Avec la remise en état d’un calvaire du quartier Dijon situé route de Nayemont-les-Fosses, cette opération de déplacement et de restauration représente un coût pour la Ville d’un peu plus de 4600 euros. Comme l’a précisé le premier magistrat samedi, elle constitue le début d’une réflexion plus globale menée sur le patrimoine déodatien, « un patrimoine mal connu des habitants ». Elle lança également et symboliquement l’édition 2016 des Journées Européennes du Patrimoine déodatiennes, « un symbole fort, un signe de la complémentarité entre le petit et le grand patrimoine » selon David Valence. Et le maire de conclure en estimant que « c’est pratiquement une semaine du patrimoine que nous vivons à Saint-Dié-des-Vosges cette année, avec en plus du programme des Journées Européennes du Patrimoine le dévoilement mardi de la plaque « Patrimoine du XXe siècle », qui fut suivi par une table-ronde consacrée à ce label attribué par le Ministère de la Culture et de la Communication. Nous devons être fiers de notre patrimoine local, petit comme grand, ancien comme contemporain ».

J.J.




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