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jeudi 23 mai 2019
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Compte-rendu du dernier café citoyen déodatien Accueil des migrants à Saint-Dié-des-Vosges : L'exemple de l'association Asil'Accueil 88

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(Crédits photographiques Marc Fourniquet)

Le café citoyen déodatien du 25 février dernier était destiné à faire le point sur la situation des migrants dans le secteur de Saint-Dié-des-Vosges. Animé par l’association Asil’Accueil 88, en voici un résumé transmis ce mardi matin par les organisateurs :

Après un rappel de l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme sur la liberté de circulation des personnes d’un Etat à l’autre, l’exposé préalable portait sur les dispositions de la dernière version de la loi sur les migrations en France qui date de septembre 2018. Le constat montre une complexification des mesures qui rendent difficiles d’accès les moyens de recours, après des décisions administratives défavorables, en raison des délais raccourcis.

L’association Asil’Accueil 88 est une association départementale comprenant plus de 250 adhérents, avec une antenne à Saint-Dié. Elle mène une activité en trois volets : aide administrative, cours de français langue étrangère et ouverture culturelle. Elle est en lien avec une dizaine d’associations locales à but humanitaire.

A Saint-Dié-des-Vosges, il apparaît que vivent entre 200 et 250 personnes migrantes (les chiffres sont approximatifs à cause de la fluctuation des entrées et des départs). Une partie d’entre elles, censées être dans l’illégalité, concernent des familles souvent originaires de pays d’Europe orientale ou d’Arménie qui vivent dans des hôtels, où les conditions de vie sont très difficiles (selon le témoignage d’une immigrée, exigüité de la chambre et promiscuité, pas de cuisine, de local de lavage du linge, etc.) Une autre partie est constituée de jeunes hommes vivant en célibataires, logés dans des bâtiments collectifs, qui sont suivis par des organismes agréés, la société ADOMA ou les associations FMS et COALLIA.

La situation actuelle dans le département des Vosges met au jour un réseau de contradictions. En voici quelques exemples révélateurs :

  • les personnes originaires des pays de l’Europe orientale hors Union européenne ne sont éligibles à une carte de séjour que dans de faibles proportions et peuvent être expulsées brutalement, sous prétexte qu’elles viennent de pays considérés comme sûrs. Pourtant certains de ces pays, qui demandent leur entrée dans l’Union européenne, sont déboutés parce qu’il n’y a pas d’Etat de droit (en effet, il est de notoriété publique qu’y règnent les pratiques de corruption et de mafias);
  • les migrants n’ont pas le droit de travailler tant qu’ils n’ont pas de statut régulier, alors que les pouvoirs publics parlent sans cesse de la nécessité d’intégration dans la société française;
  • le niveau B1 requis en français langue d’intégration, qui est l’une des conditions pour un accès à la nationalité française, est le signe que l’Etat souhaite, mais sans jamais l’affirmer, une immigration choisie. Pour améliorer la situation des migrants, il faudrait prévoir, comme en Allemagne, des cours de français langue étrangère obligatoire, dès l’entrée en France.

Les questions du public ont donc abouti au même constat : l’Etat renforce les actions restrictives voire répressives et souvent hypocrites, en raison de mobiles de nature purement politique. Pourtant nous sommes loin d’une invasion : qu’est-ce que 16 000 migrants accueillis en France, pays de 67 200 000 habitants ? Ce qui fait douter de plus en plus : la France est-elle encore vraiment un pays des droits de l’Homme ?




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