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mardi 16 juil 2019
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Grand débat national – Environ 400 personnes ont pris part au débat public déodatien

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Dans le cadre du grand débat national, la Ville de Saint-Dié-des-Vosges avait organisé un débat public ce jeudi soir, du côté de l’Espace Georges-Sadoul.

Animé par Loïc Preghenella d’Alabama Productions, qui a remplacé au pied levé la journaliste Sarah Polacci (absente pour raisons personnelles) et Claude Janel, ancien inspecteur de l’Education nationale, le débat  déodatien s’est ouvert sur les coups de 20h, en présence d’environ 400 personnes dont de nombreux gilets jaunes ou sympathisants du mouvement, et en présence d’un certains nombre d’élus et représentants politiques.

Durant 2 heures, les échanges se sont axés autour de 2 grandes thématiques. La transition écologique dans un premier temps, puis la démocratie et la citoyenneté ensuite. A raison de 2 minutes pour chaque intervention, afin de donner la parole à un maximum de personnes. Et comme l’a rappelé le maire David Valence en ouverture du débat ainsi que les 2 animateurs et modérateurs, le mot d’ordre de la soirée était le respect. Une charte était d’ailleurs distribuée à chaque participant à son arrivée. Filmé pour être ensuite transmis au site Internet du grand débat national, ce débat public s’est déroulé dans le calme, sans invective mais avec des applaudissements à la fin de chaque prise de parole.

Transition écologique

Des différentes interventions portant sur la transition écologique, il en est ressorti de manière unanime qu’il est aujourd’hui urgent d’agir en faveur de l’environnement pour éviter une catastrophe dans les années à venir. « Ce problème est vital, c’est désormais une question de vie ou de mort. » Et si la nécessité de faire des efforts est bien admise, la politique gouvernementale en matière de transition écologique l’est beaucoup moins.

Pour la grande majorité des intervenants, la cause est à chercher du côté des lobbies. « Le problème est définitivement les lobbies, qui corrompent les députés. » Ce jeudi soir, le lobby du nucléaire a été tout particulièrement pointé du doigt. « Il y a beaucoup d’intérêts financiers derrière les décisions politiques en matière d’écologie. Cela est du à la forte présence du lobby nucléaire » assure un intervenant, avant que d’autres ne surenchérissent sur le sujet.

« Le lobby pro-nucléaire fait tout pour freiner les énergies renouvelables, alors qu’il existe des alternatives au nucléaire comme l’hydro-électrique ou les panneaux solaires. Et puis il est interdit de produire de l’électricité soi-même en France. On a tous les éléments en main pour produire de l’énergie renouvelable, mais il n’y a pas de volonté politique derrière. »

« On nous parle aujourd’hui de transition écologique mais en parallèle on fabrique des objets qui sont conçus pour ne pas durer dans le temps, dont l’obsolescence est programmée. Et ce par pur intérêt financier. »

« C’est à nous chaque citoyen de changer nos modes de vies, notamment en consommant moins et de manière plus raisonnée. C’est à nous de changer, car les politiques eux ne changeront pas. »

L’entreprise Monsanto et le glyphosate ont également fait l’objet de larges critiques lors du débat, tout comme les dirigeants politiques. « Nos dirigeants veulent le beurre et l’argent du beurre. On nous vole l’écologie comme on nous a volé la sécurité routière, juste pour faire de l’économie. Ils nous demandent toujours de faire des efforts, comme par exemple de faire du covoiturage. Mais est-ce qu’ils font eux même ces efforts ? Est-ce qu’ils font du covoiturage ? C’est toujours au peuple à qui on demande de faire des efforts. »

Selon l’une des intervenantes, l’une des solutions serait de « taxer les produits chimiques, taxer plus fortement les produits emballés, et d’une manière générale taxer tous les produits ayant un impact négatif sur l’environnement. »

Quant à la taxe carbone sur le diesel, elle serait absurde car « le diesel, qui est plutôt un carburant de pauvres, est taxé alors que le kérosène des avions, qui est plutôt un carburant de riches, ne l’est pas. »

Démocratie et citoyenneté

Lors de cette seconde et dernière partie du débat, les intervenants ont manifesté une large défiance envers la classe politique, tout en demandant davantage de démocratie participative.

« Il faudrait une réduction du nombre d’élus, qui n’auraient droit qu’à un seul et unique mandat non renouvelable. Il faudrait supprimer les statuts spécifiques dont bénéficient les élus, notamment en ce qui concerne la retraite. Il faudrait également instaurer l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge pour exercer la fonction d’élu. Leurs écarts devraient être plus durement sanctionnés, comme en Suède. »

« Il faudrait une transparence totale des indemnités et des dépenses des élus. »

« Ces hommes et femmes politiques doivent être exemplaires et être au service du peuple, et non se servir. Il y a aujourd’hui un sentiment d’impunité de la part de la classe politique. »

« Le Gouvernement est complice de la finance et des banquiers. »

La démocratie, les intervenants du soir la souhaiterait « plus directe, plus délibérative et avec une reconnaissance du vote blanc. » La mise en place du Référendum d’Initiative Citoyenne – RIC – largement plébiscitée par le mouvement des gilets jaunes, a été souhaitée par plusieurs intervenants. A l’opposé, l’organisation d’un grand débat national par le Gouvernement pour tenter de résoudre la situation actuelle a été qualifiée « d’inutile » par d’autres participants. Pour l’un d’eux, « c’est parce que le mouvement des gilets jaunes n’a pas été pris en compte dès le départ que la situation s’est dégradée », tandis qu’un autre a « le sentiment de n’avoir rien obtenu depuis le début du mouvement en matière de pouvoir d’achat. »

A noter enfin que depuis le 17 janvier et jusqu’au 15 mars, une urne est installée à l’Hôtel de Ville afin de recueillir les suggestions des citoyens dans le cadre du grand débat national.

J.J.




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