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dimanche 22 mai 2022
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2021, une année noire pour les abeilles à Saint-Dié-des-Vosges

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Bilan_Miel_2021_Jean-Louis-Perrotey (6)

En 45 ans, Jean-Louis Perrotey n’a jamais vu ça. Apiculteur amateur et président de l’association « J’adopte une ruche à Saint-Dié-des-Vosges », le Déodatien n’a jamais été confronté à une si mauvaise saison pour les abeilles que celle de 2021.

Au moins la moitié des 10 essaims qui peuplent les ruches de l’association « J’adopte une ruche en Déodatie » ne survivront pas à cet hiver. Un pronostic pessimiste amènerait même le nombre d’essaims survivants… à seulement 2. La cause de cette hécatombe ? La météo du printemps dernier, avec du gel tardif qui a duré. Trop duré.

« Les colonies avaient bien passé l’hiver 2020 – 2021. La saison avait même très bien démarré, avec les pissenlits, châtaigniers et saules. Il y avait du pollen, pas de problème. Puis à la fin du mois de mars, des apiculteurs professionnels ont donné l’alerte, nous informant que leurs colonies étaient en train de péricliter. Car à la mi-mars, au moment de la floraison, tout a fleuri à peines quelques jours puis le gel est revenu. Il a gelé longtemps et dès le mois d’avril il a fallu nourrir les abeilles. En conséquence de la météo, il n’y a pratiquement pas eu d’essaimages, les reines étant mal fécondées. A cela il faut ajouter l’été pluvieux, qui ne s’est pas montré favorable non plus. On s’est donc retrouvé en septembre avec des ruches vides, pratiquement sans nourriture. Bref, c’est la catastrophe. J’ai connu des années de disette depuis que je suis apiculteur, mais jamais à ce point. Cependant il n’y a pas que la Déodatie qui est touchée, cela concerne tout l’Est de la France ainsi que l’Allemagne et la Belgique. Les abeilles étant le thermomètre de la nature, d’autres espèces sont également impactées par ces mauvaises conditions » explique Jean-Louis Perrotey.

Et de poursuivre : « Bien entendu, nous n’avons pas récolté le miel en 2021 pour que les abeilles encore en vie puissent passer l’hiver. A ce propos, un hiver froid et sec est le meilleur pour les ruches, car les abeilles restent en grappes et ne dépensent pas d’énergie. Si les températures se réchauffent, les abeilles se réveillent et sortent à nouveau. Et s’il se met à pleuvoir longtemps comme récemment, elles restent à l’intérieur de la ruche et il y a le risque que des maladies se développent. »

Jean-Louis Perrotey s’est rendu ce mercredi en milieu de matinée au parc de l’ancienne médiathèque Victor-Hugo, où sont installées 4 des ruches gérées par l’association « J’adopte une ruche en Déodatie ». Les 6 autres étant respectivement situées à Gratin et au sommet de la Tour de la Liberté. « On continue de nourrir les abeilles, pour faire en sorte qu’elles survivent à l’hiver. C’est bien de le faire de manière ponctuelle pour donner un coup de pouce, mais ce n’est pas une solution à long terme. Je crains donc un début de saison difficile. Mais ce n’est pas pour autant que l’on va se décourager. Il s’agit de sauver les ruches qui peuvent être sauvées, puis d’acheter de nouveaux essaims dans les ruches vides, sachant que cela représente environ 140 euros par essaim. On n’a pas d’autre choix, surtout s’il ne reste que 2 ruches à la sortie de l’hiver. On aura une vraie vue de la situation du rucher à la fin du mois de février, voire au début du mois de mars. Mais on va relever le défi et relancer les 10 ruches. »

Le président de « J’adopte une ruche en Déodatie » était accompagné ce matin de l’adjointe Brigitte Henri, notamment déléguée à la Transition écologique, et de Isabelle Didierdefresse, directrice du Développement durable de la Ville et secrétaire de l’association. Cette dernière de remercier « la centaine d’adhérents fidèles, qui ne nous a pas oublié malgré la conjoncture. » Bénéficiant du soutien de la Ville, « J’adopte une ruche à Saint-Dié-des-Vosges » produit du miel uniquement pour ses adhérents. Pas de démarche commerciale, mais une démarche pédagogique. Car l’association participe à de nombreuses manifestations déodatiennes, tout en menant des actions de sensibilisation notamment auprès des scolaires. C’est également son miel qui est utilisé pour le concours national des « Villes de Miel ». Un miel de qualité, puisque Saint-Dié-des-Vosges a déjà décroché le 1er prix en 2018 et 2019, ainsi que le 2e prix en 2020.

Les personnes qui souhaiteraient parrainer les ruches de « J’adopte une ruche en Déodatie », à partir de 5 euros par an, sont invitése à retirer leurs bulletins d’inscription  à l’accueil de l’Hôtel de Ville, ou en contactant directement l’association au 06-52-12-18-95.

J.J.




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