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dimanche 16 jan 2022
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Grève dans les établissements scolaires : « On ne peut plus tolérer aujourd’hui ce qu’on acceptait il y a 2 ans »

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Des parents d’élèves ce jeudi midi devant l’école Georges-Darmois. (Photographie Marc Fourniquet)

L’ensemble des syndicats enseignants ont appelé à la grève ce jeudi 13 janvier, pour protester contre la gestion du Gouvernement de la crise sanitaire dans les établissements scolaires, notamment les nombreux changements de protocoles.

Un mouvement « historique » de par son ampleur selon les syndicats, qui est soutenu par FCPE, la fédération des parents d’élèves. Alors que le Ministère de l’Education nationale a annoncé ce midi 38,5% d’enseignants en grève dans les écoles contre 23,7% dans les collèges et lycées, le SNUipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, déclare qu’il y a 75% de grévistes dans les écoles, et le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, parle quant à lui de 62% du personnel des collèges et lycées en grève.

A Saint-Dié-des-Vosges, Odile Cassard, secrétaire départementale Fnec FP-FO et enseignante dans un établissement scolaire de la ville, estime que la situation est aujourd’hui « ingérable » dans les conditions actuelles. Autant pour l’équipe pédagogique que pour les élèves. Elle a participé ce jeudi après-midi au rassemblement départemental à Epinal. « Cette grève, c’est l’expression d’un ras-le-bol général, qui s’est accentué avec la crise sanitaire. Contrairement à ce que dit monsieur Blanquer, on ne fait pas grève contre un virus, mais contre sa politique de destruction de l’Education nationale. Il y a un mépris total pour la profession, avec un manque de considération et de respect. C’est le seul ministre qui lâche en pâture ses employés à la vindicte populaire, qui casse du sucre sur les enseignants tout en les mettant dans des situations ingérables. Et rien ne change depuis 2 ans. Tout est fait dans l’urgence, sans aucune prévision. Malgré la crise, on voudrait que l’école fonctionne. On est bien évidemment contre la fermeture.»

Et Odile Cassard de poursuivre : « On réclame toujours la même chose, à savoir des classes moins nombreuses, recruter davantage d’enseignants et des moyens corrects pour se protéger du virus, nous ainsi que les élèves. Des masques FFP2 par exemple, ou des capteurs de CO² dans les classes. Au ministère, on espère aussi trouver des remplaçants du jour au lendemain pour palier les absences, en nous faisant croire qu’on peut s’inventer enseignant. Le protocole change régulièrement, c’est complètement décousu, on a l’impression que ça part dans tous les sens. C’est la surprise tous les matins. Avec le protocole actuel, des surveillants viennent chercher des élèves en plein cours pour les renvoyer chez eux car ils sont cas contact. L’absentéisme répété de certains élèves va créer un problème énorme, entre ceux qui auront réussi à passer entre les gouttes et ceux qui attraperont le virus ou seront cas contact. Et à la crise vient s’ajouter le contexte de réforme permanente. On ne peut plus tolérer aujourd’hui ce qu’on acceptait il y a 2 ans, en 2020 au début de la crise. Ce n’est plus tolérable. On avait le temps de prévoir. Qu’est-ce qui a été fait pour améliorer la situation dans les écoles depuis 2 ans ? Rien. »

Le premier ministre Jean Castex recevra les organisations syndicales en fin d’après-midi, « répondant favorablement à la demande d’audience qui lui a été formulée par les organisations syndicales représentant les personnes de l’Education nationale. » Cette rencontre se déroulera au Ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, en présence du ministre Jean-Michel Blanquer. Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, assistera à la réunion en visioconférence suite à son test positif au Covid-19.

J.J.




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