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mardi 18 jan 2022
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Jeanne-Constance Georgel, l’espionne née à Saint-Dié-des-Vosges recrutée par l’Allemagne

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Jeanne-Constance_Georgel_Live_Twitch

(Capture d’écran du live Twitch « Ça coule de source »)

Dans un live diffusé la semaine dernière sur la plateforme de streaming Twitch (replay ici), Simon Rémy, archiviste aux Archives Départementales des Vosges et fondateur du compte « Ça coule de source » sur les différents réseaux sociaux, est revenu sur le parcours inconnu de l’espionne Jeanne-Constance Georgel.

Née le 9 septembre 1911 à Saint-Dié-des-Vosges – Saint-Dié à l’époque – de parents vosgiens travaillant dans l’industrie textile, elle déménage à Saint-Nicolas-de-Port, en Meurthe-et-Moselle, dès ses 4 ans. Elle tombe enceinte d’un pilote de la base d’essai alors qu’elle a 16 ans, et accouchera d’un enfant mort-né à la maternité de Port-Royal à Paris. Diplômée de sténo-dactylo, elle est recrutée par un mystérieux agent allemand, à la gare de Metz.

Jeanne-Constance Georgel décide d’aider cet agent, par haine de son père communiste. Ses premières missions ont lieu à Metz, puis à Paris où elle espionne les Russes Blancs dans les soirées de Montmartre. Elle enchaîne ensuite les missions en France, en Afrique du Nord puis en Espagne. Son mode opératoire était simple, puisqu’elle se faisait passer pour une prostituée afin d’attirer des hommes dans ses filets… pour les faire parler malgré eux ou voler leurs documents.

Elle est arrêtée en février 37 à Barcelone, pour espionnage sous une fausse identité. Risquant la peine de mort, elle est condamnée à 20 ans de prison mais est libérée en 1939, après la reprise de la ville catalane par Franco. Arrêtée à nouveau en 1940, cette fois-ci en France, elle est transférée à Bizerte en Tunisie. Mais l’Allemagne nazie occupe le pays en 1942 et l’espionne se retrouve à nouveau libre.

Jeanne-Constance Georgel reprend ses activités de dénonciation au service des Allemands, avant une nouvelle arrestation en mai 1943. Elle est condamnée à mort en 1946. Sa peine se voit commuée en prison à perpétuité, mais elle sort de prison à peine une dizaine d’années plus tard, en 1957. Libérée, elle va vivre chez sa tante à Saint-Ouen. Jeanne-Constance Georgel décède le 25 juin 1992 dans un petit du village du Lot, à l’âge de 80 ans.

Pour dresser le portrait de l’espionne et son parcours, c’est un véritable travail de fourmi et de longue haleine auquel s’est livré Simon Rémy. « A travers ces recherches, j’ai voulu montrer l’enquête d’archives et essayer de montrer le vrai visage d’une espionne allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, sans passer par tous les clichés du genre, sans en faire des caisses, en présentant seulement des faits. Le carnet personnel de l’espionne et l’ensemble des archives des services de renseignement permet d’avoir une vision précise, et proche de la réalité. Proche, car les archives donnent une vérité, mais pas la vérité absolue » explique l’archiviste, qui travaille sur un projet écrit sur le parcours de Jeanne-Constance Georgel.

J.J.




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