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mercredi 25 mai 2022
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Toit Vosgien : la stratégie payante des matériaux biosourcés

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Pour le directeur du Toit Vosgien Patrick Schmitt, la situation actuelle est un révélateur de la pertinence de la stratégie du bailleur social.

Le Toit Vosgien est l’un des 3 bailleurs sociaux des Vosges, avec Epinal Habitat et Vosgelis. Membre de la société de coordination Habitat Lorrain (lire notre article), le Toit Vosgien gère actuellement 2350 logements. Essentiellement à Saint-Dié-des-Vosges et en Déodatie, avec 1800 logements sur le territoire de l’Agglomération, mais également à Gérardmer, La Bresse ou Remiremont.

Une démarche engagée en faveur des matériaux biosourcés

La singularité du bailleur social est qu’il est engagé dans une démarche de construction et de rénovation avec des matériaux biosourcés. Cette démarche ne date pas d’hier, puisque le Toit Vosgien a inauguré le premier bâtiment d’habitation « tout bois » de France le 8 juillet 2000. Les résidences Jules-Ferry, situées rue du 10e BCP, sont le symbole de ce qui a été entrepris depuis cette date. Ces 2 bâtiments de conception passive ont été construits avec une structure en bois massif d’épicéa et une isolation en paille. Ce qui offre aux locataires des 26 logements une excellente isolation thermique – autant l’été que l’hiver – mais aussi des charges très faibles (lire notre article). Alors que les coûts de l’énergie ne cessent d’augmenter, notamment le gaz et l’électricité, pour le directeur du Toit Vosgien Patrick Schmitt cela conforte la stratégie engagée par le bailleur social voilà maintenant une vingtaine d’année. Une stratégie initiée par son prédécesseur Jean-Marc Gremmel.

« La situation actuelle révèle enfin les bienfaits de notre stratégie. C’est un véritable révélateur. Mais ça n’a pas toujours été facile de convaincre de sa pertinence, parce que ça coûte un peu plus cher à la construction et à la rénovation. Aujourd’hui l’Etat nous a rejoint dans notre démarche, car nous sommes déjà dans la RE2020 (NDLR : la nouvelle réglementation environnementale des bâtiments neufs). Là où pour certains le RE2020 peut être handicapant, ce n’est pas le cas pour nous. Le moment que nous vivons actuellement est un moment intéressant, car il est à la croisée des chemins. »

Plus de 63% des logements en DPE A, B ou C

Patrick Schmitt d’expliquer à ce propos : « En plus de la propreté environnementale et du confort de nos locataires, nos bâtiments biosourcés réduisent considérablement l’impact de la hausse du prix des énergies. Quelque soit l’énergie utilisée, il en faut tellement peu qu’au final la hausse est insignifiante. Les logements de notre parc ne sont pas encore tous rénovés, on en rénove environ 100 tous les ans, mais on considère qu’à ce jour la moitié d’entre eux ne sont plus sensibles aux hausses des prix des énergies. Un bâtiment convenablement rénové ne descend pas en dessous de 16°C ou 17°C en hiver et sans chauffage. Actuellement, plus de 63% de notre parc de logements est en DPE A, B ou C. On devrait passer au-delà des 2/3 cette année. En parallèle, on supprime progressivement le fioul et le gaz pour utiliser à la place des pompes à chaleur. Sans compter que nous sommes chanceux, car nous avons signé un important contrat de gaz collectif pendant la première vague de la pandémie, dont les taux sont fixes pendant 4 ans. »

Le but de la stratégie du Toit Vosgien est d’utiliser le moins d’énergie possible, en construisant des appartements ou maisons qui permettent d’obtenir des résultats énergétiques intéressants. Le tout sans utiliser de polystyrène ni de climatiseur. « On cherche à s’améliorer d’une construction à l’autre. Notre volonté est de faire du durable, avec des matériaux de bonne qualité. On veut toujours faire mieux, mais on veut aussi montrer qu’on peut le faire à un prix raisonnable. Ce qu’on aimerait, c’est que notre démarche soit imitée, qu’elle puisse donner des idées à certains, que nos bâtiments servent à reproduire ailleurs des constructions équivalentes, qu’il y ait davantage de bâtiments en structure bois en France » souligne son directeur.

Plan de Relance et distinctions internationales en 2021

Si l’année 2021 a été perturbée par la crise sanitaire, elle n’en reste néanmoins une bonne année pour le Toit Vosgien, qui a inauguré son projet de rénovation énergétique d’un bâtiment en zone « montagne » le 27 août dernier. Situé 1 impasse des Paveurs à Gérardmer, ce bâtiment du début des années 70 a été transformé en un bâtiment quasi passif à haute performance, avec un concept de construction très basse consommation. L’innovation de ce chantier, le premier chantier HLM des Vosges mené dans le cadre du Plan de Relance de l’Etat, a consisté à développer un produit isolant en laine bois : des dalles de 30cm d’épaisseur. Soit une épaisseur supérieure à ce qui était commercialisé jusqu’alors. Ces matériaux biosourcés ont été produits par Pavatex, dans son usine de Golbey. De cette première collaboration entre le bailleur social et l’industriel est né un partenariat fructueux. « Le fait de travailler maintenant avec Pavatex nous évite par exemple des soucis d’approvisionnement. On s’attache d’ailleurs à travailler avec des entreprises locales, et on s’engage aux côtés de la Communauté d’Agglomération sur les notions de filières pour fonctionner en circuits-courts » précise Patrick Schmitt.

2021 était aussi une année de consécration pour le Toit Vosgien, qui s’est vu décerner en novembre dernier 2 prix « Green Solutions Awards » en marge de la COP26 à Glasgow. D’une part le prix Energie et Climats Tempérés pour la rénovation biosourcée de 24 logements à Raon-l’Etape. D’autre part le prix Bas Carbone pour la construction bas carbone de 4 logements sociaux collectifs sur la commune de Plainfaing. Décernés par le média « Construction 21 », ces prix internationaux ont permis au Toit Vosgien de franchir une nouvelle étape, après de nombreux prix régionaux et nationaux. Outre les prix, sa démarche intéresse des collectivités françaises et étrangères, comme le géant Vilogia ou la ville de Fribourg-en-Brisgau, pionnière en matière d’urbanisme écologique (lire notre article).

Deux chantiers déodatiens d’envergure et la poursuite des rénovations en 2022

Quant à l’année 2022, le Toit Vosgien va poursuivre la rénovation de son parc immobilier, en particulier à Saint-Dié-des-Vosges, Saint-Léonard et La Bourgonce, où le bois proviendra des forêts environnantes et où il sera coupé dans la scierie bourgonçoise Strabach&Fils. Et dans le cadre du Plan de Relance, des logements vont à nouveau être rénovés à Gérardmer, cette fois-ci du côté du Mille Club.

A Saint-Dié-des-Vosges, 2022 verra le lancement des travaux de construction de la Résidence Carnot sur les quais, sur la fiche de l’ancien CCAS. Un bâtiment innovant de 27 logements, qui a pour vocation d’être la nouvelle vitrine du savoir-faire du Toit Vosgien. Sa construction, qui devrait débuter au printemps, s’inscrit dans le cadre du Plan Action Coeur de Ville. A travers la Résidence Carnot, le bailleur social veut notamment démontrer que le prix de construction ne sera pas loin du RE2020. Plus d’informations sur ce chantier très prochainement.

Autre projet d’envergure cette année et toujours à Saint-Dié-des-Vosges, la réaffectation de l’ancien bâtiment SDMA, à la croisée des rues de la Ménantille et des Folmard, qui accueillera la Mission Locale et le CNAM – Conservatoire National des Arts et Métiers. « L’un des enjeux de ce projet est de montrer que ce qui est vrai dans l’habitat peut aussi l’être dans le tertiaire. C’est un vrai challenge et une première pour nous, d’autant plus que nous sommes contraints dans les délais. Le programme de l’année 2022 est ambitieux pour une petite société comme la notre, qui représente 27 employés » conclut Patrick Schmitt, qui entame sa 4e année à la direction du Toit Vosgien.

J.J.




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