Search
dimanche 22 mai 2022
  • :
  • :

Des jeunes de Saint-Roch se paient un voyage à Paris en travaillant dans leur quartier

image_pdfimage_print
Retour_Expérience_Jeunes_Chantiers_Educatifs (21)

(Photographies Centre Social Germaine-Tillion)

12 jeunes du Centre Social Germaine-Tillion du quartier Saint-Roch ont découvert Paris lors d’un voyage de 4 jours durant ces vacances de Pâques. Au programme : balade au centre-ville, culture et citoyenneté. Mais pour se payer ce séjour dans la Ville Lumière, les adolescents ont retroussé leurs manches durant des semaines en travaillant sur un chantier dans leur quartier.

« Ce projet est né à l’automne dernier, lorsque le groupe de jeunes a été constitué. Puis il a fallu budgétiser le voyage, qui représentait une belle somme. Donc nous avons du chercher des financements. Nous nous sommes adressés à nos partenaires, et le bailleur social Vosgelis a financé la moitié du séjour en contre-partie du nettoyage d’une parcelle du quartier. Désormais nettoyée, cette parcelle est destinée à accueillir des jardins partagés. La CAF a également apporté son soutien financier, au titre de la Politique de la Ville. Grâce à ces financements, le voyage a pu se concrétiser » explique Nadir Moktar, chargé d’intervention sociale au Centre Social Germaine-Tillion, qui a encadré le projet.

Ce dernier tient d’ailleurs à remercier Vosgelis et la CAF des Vosges, mais aussi la Ville de Saint-Dié-des-Vosges qui a apporté un précieux soutien logistique, en mettant à disposition des camions et un chauffeur pour transporter les nombreux déchets ramassés par les adolescents.

Baignoires, fauteuils, barbecues, ronces, pierres… la parcelle était devenue une véritable décharge au fil du temps. A raison d’une dizaine de mercredis après-midis et d’une semaine de vacances, les jeunes ont défriché, nettoyé et débarrassé les ordures et autres encombrants qui jonchaient le terrain. « On ne s’attendait pas à trouver la parcelle dans cet état là, c’était un vrai dépotoir. Au début, on pensait que ça irait assez vite, mais ça nous a pris plus de temps que ce qu’on avait imaginé » affirment Myriam, 13 ans, et Meliha, 12 ans, qui ont toutes 2 participé au chantier.

Toutes 2 se sont également rendues à Paris pour la première fois de leur vie. Une expérience qui leur a beaucoup plu. Ce qu’elles ont le plus apprécié durant ces 4 jours en terres parisiennes, où elles étaient accompagnées de leurs camarades et des adultes Laura Merling, Songul Bulut et Hemailia Hafsia ? La visite de l’Assemblée Nationale et du musée du Louvre, le Jardin des Tuileries et, bien entendu, la découverte de la Tour Eiffel et de l’Arc de Triomphe… de jour comme de nuit. De quoi faire le plein de souvenirs et de photos à montrer une fois de retour en Déodatie.

Ce projet de voyage financé par un chantier, qui était une première sous cette forme au Centre Social Germaine-Tillion, s’inscrivait dans un projet plus global de promotion des valeurs de la République tout en luttant contre la radicalisation, religieuse mais aussi la délinquance.

J.J.




Une réaction sur “Des jeunes de Saint-Roch se paient un voyage à Paris en travaillant dans leur quartier

  1. Traderidera

    Si je suis bien, le bailleur a conditionné la participation à un projet des jeunes (un don qui sera j’imagine déduit des recettes et défiscalisé), à un travail « gratuit » des jeunes (pas en âge de travailler, donc de percevoir de salaire, et encore moins de prime d’insalubrité comme c’est le cas lorsqu’il y a des risques sanitaires par exemple type tétanos)?
    C’est ça le social maintenant?
    Que le jeunes défrichent leur futur terrain de jeux géré/organisé par eux-même ça je comprends: ils tirent le bénéfice direct de leur travail. Mais là on leur demande de vider une parcelle squattée (barbecues, récupérateur d’eau de pluie) qui sera ensuite intégrée au bilan d’un entreprise (fut-elle partiellement publique) sur des obligations sociales. Et en plus, pour ajouter l’injure à l’outrage, dans le cadre de la « lutt[e] contre la radicalisation, religieuse mais aussi la délinquance » et pour visiter l’assemblée…
    Donc si je résume, les gosses travaillent pour une boîte, prennent des risques sanitaires avec la couverture du centre social (ou de leur parents, peut-être), font un travail type TIG pour prévenir la délinquance (ça les habitue? je comprends pas bien), on leur dit « attention aux islamistes » pendant les pauses (après je sais pas, peut-être qu’on leur a dit « attention aux évangélistes » s’ils étaient chrétiens, c’est pas forcément raciste, hein), tout ça pour aller à Paris visiter l’endroit où on pond les lois qui servent les riches (et assignent des missions à la cons aux bailleurs qui font qu’ils ne donnent plus directement mais demande un travail en échange). Voilà à quoi en sont réduits les centres sociaux pour faire voyager un peu les gamins les plus calmes des quartiers.
    C’est quoi le stade suivant, la visite d’un atelier de fabrique de T-shirt à Fleury?

    répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.