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samedi 4 fév 2023
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Crise de l’énergie : un boulanger-pâtissier déodatien a vu sa facture d’électricité exploser au 1er janvier

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K6_Framboise_Facture_Electricité (2)

Pour montrer l’impact direct de la hausse du prix de l’électricité sur son entreprise, David Fays, gérant de la boulanger-pâtisserie K6 Framboise de Saint-Dié-des-Vosges, n’y est pas allé par 4 chemins : il affiche son actuel contrat électricité au vu des clients, annoté de l’ancien tarif. Il a également publié ledit contrat sur la page Facebook de K6 Framboise.

Avec une multiplication par presque 5 de la facture électrique de la boulanger-pâtisserie de la rue des Trois Villes, qui est passée de 23 254€ annuels à 109 096€ au 1er janvier 2023, David Fays est en colère. Et c’est sans compter la facture de la succursale située à Moyenmoutier, où sont fabriquées les pâtisseries et viennoiseries.

« La chance dans le contexte actuel, c’est qu’on a une trésorerie et que j’ai fini de payer le fond de commerce, donc l’entreprise n’est pas menacée. Mais ça peut aller très vite et honnêtement, si je travaille 80h semaine depuis 15 ans, avec tous les sacrifices que cela implique, c’est pour gagner correctement ma vie et pas juste pour payer les factures. Sinon j’arrête et je fais autre chose. J’essaie bien sûr de renégocier mon contrat, mais tous les fournisseurs proposent à peu près les mêmes tarifs » déplore le chef d’entreprise, qui emploie 16 salariés répartis sur les 2 structures. « Pour les employés aussi c’est dur, car ce n’est pas le moment de demander des augmentations. »

Si David Fays « pousse un coup de gueule », ce n’est pas que pour son entreprise. « C’est pour tous les boulangers. On travaille énormément et on ne s’en sort pas, alors qu’on veut juste faire notre métier, avec passion et avec le sourire. Personnellement, je veux cuire du pain tout au long de la journée pour que le client puisse toujours avoir du pain chaud, mais je comprends que des boulangeries cuisent seulement le matin puis éteignent tout. J’aime la concurrence loyale, pas ce qui est en train de se passer en ce moment. Franchement, je ne pensais pas qu’on subirait de telles augmentations… et puis c’est tombé le 1er janvier. Sans oublier que l’énergie c’est une chose, mais qu’en parallèle le prix des matières premières augmente lui aussi. »

Quant aux aides mises en place par le Gouvernement pour soutenir les boulangers – et calmer leur colère – David Fays estime que ce n’est ni suffisant ni efficace. « Peu de boulangeries entrent dans les critères pour bénéficier d’aides, car il y a toujours quelque chose qui cloche. Et quand on passe autant d’heures à travailler, on a autre chose à faire que d’être dans les papiers. J’attends des gestes concrets et pas des paroles, et que ça concerne tous les boulangers. Si par exemple on peut encadrer les loyers, alors pourquoi pas l’énergie ? J’espère que la situation va s’améliorer, j’espère que ça va arriver un jour et que ça redevienne comme avant. La baguette de pain a été inscrite au patrimoine de l’Unesco, c’est un symbole de la gastronomie française et pourtant on ne défend pas assez les boulangers. Tout ce que je demande, c’est que les boulangeries puissent continuer à exister, qu’on puisse faire notre travail. »

J.J.

K6_Framboise_Facture_Electricité (2)

Pour montrer l'impact direct de la hausse du prix de l'électricité sur son entreprise, David Fays, gérant de la boulanger-pâtisserie K6 Framboise de Saint-Dié-des-Vosges, n'y est pas allé par 4 chemins : il affiche son actuel contrat électricité au vu des clients, annoté de l'ancien tarif. Il a également publié ledit contrat sur la page Facebook de K6 Framboise.

Avec une multiplication par presque 5 de la facture électrique de la boulanger-pâtisserie de la rue des Trois Villes, qui est passée de 23 254€ annuels à 109 096€ au 1er janvier 2023, David Fays est en colère. Et c'est sans compter la facture de la succursale située à Moyenmoutier, où sont fabriquées les pâtisseries et viennoiseries. « La chance dans le contexte actuel, c'est qu'on a une trésorerie et que j'ai fini de payer le fond de commerce, donc l'entreprise n'est pas menacée. Mais ça peut aller très vite et honnêtement, si je travaille 80h semaine depuis 15 ans, avec tous les sacrifices que cela implique, c'est pour gagner correctement ma vie et pas juste pour payer les factures. Sinon j'arrête et je fais autre chose. J'essaie bien sûr de renégocier mon contrat, mais tous les fournisseurs proposent à peu près les mêmes tarifs » déplore le chef d'entreprise, qui emploie 16 salariés répartis sur les 2 structures. « Pour les employés aussi c'est dur, car ce n'est pas le moment de demander des augmentations. » Si David Fays « pousse un coup de gueule », ce n'est pas que pour son entreprise. « C'est pour tous les boulangers. On travaille énormément et on ne s'en sort pas, alors qu'on veut juste faire notre métier, avec passion et avec le sourire. Personnellement, je veux cuire du pain tout au long de la journée pour que le client puisse toujours avoir du pain chaud, mais je comprends que des boulangeries cuisent seulement le matin puis éteignent tout. J'aime la concurrence loyale, pas ce qui est en train de se passer en ce moment. Franchement, je ne pensais pas qu'on subirait de telles augmentations... et puis c'est tombé le 1er janvier. Sans oublier que l'énergie c'est une chose, mais qu'en parallèle le prix des matières premières augmente lui aussi. » Quant aux aides mises en place par le Gouvernement pour soutenir les boulangers – et calmer leur colère – David Fays estime que ce n'est ni suffisant ni efficace. « Peu de boulangeries entrent dans les critères pour bénéficier d'aides, car il y a toujours quelque chose qui cloche. Et quand on passe autant d'heures à travailler, on a autre chose à faire que d'être dans les papiers. J'attends des gestes concrets et pas des paroles, et que ça concerne tous les boulangers. Si par exemple on peut encadrer les loyers, alors pourquoi pas l'énergie ? J'espère que la situation va s'améliorer, j'espère que ça va arriver un jour et que ça redevienne comme avant. La baguette de pain a été inscrite au patrimoine de l'Unesco, c'est un symbole de la gastronomie française et pourtant on ne défend pas assez les boulangers. Tout ce que je demande, c'est que les boulangeries puissent continuer à exister, qu'on puisse faire notre travail. » J.J. [gallery type="rectangular" link="file" ids="195391,195389"]



8 réactions sur “Crise de l’énergie : un boulanger-pâtissier déodatien a vu sa facture d’électricité exploser au 1er janvier

  1. cloclo

    Merci au libéralisme et à la concurrence libre et non faussée tant vanté par tous nos politiciens !

    Nous avions un système qui marchait :monopole d’EDF nationalisé mais pour faire plaisir aux Marchés, le marché de l’électricité a été libéralisé… on en voit le résultat !

    Aux lieux de subventionner les consommateurs pour que l’argent finissent dans la poche des actionnaires des compagnies électriques, il faut renationaliser immédiatement toutes compagnies électriques et imposer un tarif soutenable par tous.

    répondre
    1. libre pensée

      et sortir de l’ArenH, inventé et imposé par Macron, pour l’enrichissement exponentiel personnel de ses généreux « donateurs ».
      Quand au prix du MW indexé sur l’électricité produite en Allemagne avec les centrales au gaz… Il faut en sortir également même si l’Allemagne est le principal garant de la dette française qui « explose » par la faute de… Macron.
      Bizarrement il le ferait exprès qu’il ne ferait pas mieux.

      Silence assourdissant des députés/sénateurs/commissions inhérentes… Des syndicats sous perfusion par votre impôt trop occupés à s’avantager… D’une opposition de « gauche » qui semble pour cette « mise en misère » des français pauvres, totalement aphone, voir complice, avec sa posture (ça tombe si bien) sectaire vis-à-vis de la droite (pas les LR au dos rond) qui a pourtant dénoncé ces abus gravissimes… Et enfin des journalistes vedettes, dociles, qui ressemblent plus à un service de propagande que d’information, serveurs/serveuses de plats.

      Et il y en a encore qui trouvent cela normal ?
      Donc rien ne va mal.

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  2. Bizarre

    Ce que je comprends pas ou ne connait pas, c’est que ce sont seulement les boulangers qui sont le plus impactés !
    Avaient-ils des contrats particuliers avant cette hausse soudaine ???
    Je viens d’entendre que la France peut réexporter de l’électricité dans nos pays voisins…
    EDF doit donc pouvoir baisser ses tarifs pour les Français….
    Sauf…si on parle de spéculation comme pour le groupe Total….
    Si quelqu’un peut m’expliquer….

    répondre
    1. Alphonse

      les boulangers sont de gros consommateurs de courant car ils font maintenant plusieurs cuissons par jour pour répondre à nos besoins constants d’avoir  » du pain frais  » et surtout parce que ils ont été influencés pendant des années à s’équiper de fours électriques bien plus facile à gérer que les fours à bois ( programmable, montée en T°, maintien de T° .. ) et aussi moins cher que le Gaz. Maintenant voilà le revers de la médaille …
      Les bouchers avec leurs grosses chambres froides et leurs vitrines sont aussi dans la me.. !

      répondre
  3. Alphonse

    ils faut aussi savoir que beaucoup de gros consommateurs ( voir même des particuliers) ont changés de fournisseurs il y a quelques années car il y en avaient des beaucoup moins chers que le célèbre EDF sauf que aujourd’hui ce sont ceux là qui ont le plus augmentés leurs tarifs.. du coup l’opération n’est plus rentable et ce qu’ils ont pu gagner pendant quelques années ils le payent très très cher aujourd’hui !

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