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vendredi 27 jan 2023
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Dry January : « Les gens ne se rendent pas toujours compte de leur consommation d’alcool »

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Dr_Jean-Marie_Heid

Le Dry January – littéralement « janvier sec » – est une campagne de santé publique qui incite à ne pas consommer durant au moins un mois dans l’année. Comme son nom l’indique, il s’agit du mois de janvier. L’occasion de faire une pause après les fêtes de fin d’année, mais aussi pour certains de réfléchir à leur relation avec l’alcool. L’occasion également de faire le point avec le Docteur Jean-Marie Heid, responsable du service d’addictologie du Centre Hospitalier de Saint-Dié-des-Vosges.

« Selon moi le Dry January ne change pas grand chose. Si vous buvez modérément il n’y a pas vraiment de souci, donc arrêter de boire un mois ne changera pas grand chose. Ce qui est toxique, c’est la surconsommation. Soit au-delà de 2 verres d’alcool par jour, et pas tous les jours. Si on boit plus que cela, on se trouve dans une consommation à risque, et là aussi arrêter seulement un mois ne changera pas grand chose. Mais bien entendu, toute action qui rappelle que l’alcool peut être dangereux et qui invite à moins boire est la bienvenue. Donc pourquoi pas le Dry January, mais pas que le mois de janvier. »

Le Docteur Heid explique que les bienfaits de l’arrêt de l’alcool mettent plus longtemps à se manifester que, par exemple, lors de l’arrêt du tabac. « Quand on arrête de fumer, on respire tout de suite mieux. Avec l’alcool c’est différent. On ne se sent pas forcément bien à court terme, il peut y avoir des angoisses qui remontent. Et pour les personnes qui ont une dépendance physique à l’alcool, un arrêt brusque est dangereux pour leur santé car elles peuvent faire un delirium tremens ou un crise d’épilepsie. A moyen terme par contre, les bienfaits de l’arrêt de l’alcool se manifestent au niveau de la santé, physique comme psychologique. On a tendance à vite maigrir, car l’alcool est très calorique, on a une sensation de liberté et on gère beaucoup mieux la vie familiale comme la vie professionnelle. Car une consommation excessive d’alcool entraîne de nombreux problèmes, comme la perte du permis de conduire par exemple. Ce qui isole encore plus les personnes dépendantes. Et sur le long terme, arrêter de boire de l’alcool peut éviter de développer une cirrhose du foie, un cancer, une hépatite, une pancréatite, une polynévrite des membres inférieurs… sachant que souvent l’alcool est couplé au tabac ou à d’autres produits. »

Pour savoir si on a un problème avec l’alcool, le Docteur Heid donne une méthode simple : « si on boit seul, si on boit même si on n’aime pas ce qu’on boit, ou si on boit quand on n’a pas soif… si une ou plusieurs de ces conditions sont réunies, alors on a un problème de dépendance. Les gens ne se rendent pas toujours compte de leur consommation d’alcool. D’autant plus que l’alcool est partout en France, c’est très facile de s’en procurer, mais il ne faut pas en banaliser sa consommation. » Au Centre Hospitalier de Saint-Dié-des-Vosges, 2 autres addictologues interviennent aux côtés du Docteur Heid. Il s’agit respectivement des Docteurs Lucie Gruber et Camille Vola.

J.J.

Dr_Jean-Marie_Heid

Le Dry January – littéralement « janvier sec » – est une campagne de santé publique qui incite à ne pas consommer durant au moins un mois dans l'année. Comme son nom l'indique, il s'agit du mois de janvier. L'occasion de faire une pause après les fêtes de fin d'année, mais aussi pour certains de réfléchir à leur relation avec l'alcool. L'occasion également de faire le point avec le Docteur Jean-Marie Heid, responsable du service d'addictologie du Centre Hospitalier de Saint-Dié-des-Vosges.

« Selon moi le Dry January ne change pas grand chose. Si vous buvez modérément il n'y a pas vraiment de souci, donc arrêter de boire un mois ne changera pas grand chose. Ce qui est toxique, c'est la surconsommation. Soit au-delà de 2 verres d'alcool par jour, et pas tous les jours. Si on boit plus que cela, on se trouve dans une consommation à risque, et là aussi arrêter seulement un mois ne changera pas grand chose. Mais bien entendu, toute action qui rappelle que l'alcool peut être dangereux et qui invite à moins boire est la bienvenue. Donc pourquoi pas le Dry January, mais pas que le mois de janvier. » Le Docteur Heid explique que les bienfaits de l'arrêt de l'alcool mettent plus longtemps à se manifester que, par exemple, lors de l'arrêt du tabac. « Quand on arrête de fumer, on respire tout de suite mieux. Avec l'alcool c'est différent. On ne se sent pas forcément bien à court terme, il peut y avoir des angoisses qui remontent. Et pour les personnes qui ont une dépendance physique à l'alcool, un arrêt brusque est dangereux pour leur santé car elles peuvent faire un delirium tremens ou un crise d'épilepsie. A moyen terme par contre, les bienfaits de l'arrêt de l'alcool se manifestent au niveau de la santé, physique comme psychologique. On a tendance à vite maigrir, car l'alcool est très calorique, on a une sensation de liberté et on gère beaucoup mieux la vie familiale comme la vie professionnelle. Car une consommation excessive d'alcool entraîne de nombreux problèmes, comme la perte du permis de conduire par exemple. Ce qui isole encore plus les personnes dépendantes. Et sur le long terme, arrêter de boire de l'alcool peut éviter de développer une cirrhose du foie, un cancer, une hépatite, une pancréatite, une polynévrite des membres inférieurs... sachant que souvent l'alcool est couplé au tabac ou à d'autres produits. » Pour savoir si on a un problème avec l'alcool, le Docteur Heid donne une méthode simple : « si on boit seul, si on boit même si on n'aime pas ce qu'on boit, ou si on boit quand on n'a pas soif... si une ou plusieurs de ces conditions sont réunies, alors on a un problème de dépendance. Les gens ne se rendent pas toujours compte de leur consommation d'alcool. D'autant plus que l'alcool est partout en France, c'est très facile de s'en procurer, mais il ne faut pas en banaliser sa consommation. » Au Centre Hospitalier de Saint-Dié-des-Vosges, 2 autres addictologues interviennent aux côtés du Docteur Heid. Il s'agit respectivement des Docteurs Lucie Gruber et Camille Vola. J.J.



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