Search
samedi 28 jan 2023
  • :
  • :

Réforme des retraites : ce qu’en pensent des Déodatiennes et Déodatiens

Écouter cet article
image_pdfimage_print
Retraite

(Illustration)

La mesure phare de la réforme des retraites portée par le Gouvernement, qui sera examinée à l’Assemblée Nationale au début du mois de février, implique un recul de l’âge légal de départ à la retraite, qui passerait progressivement de 62 à 64 ans.

Une mesure qui ne passe auprès de nombreux Français, tout particulièrement du côté des syndicats qui appelaient ce jeudi à une journée de mobilisation nationale contre la réforme. A Saint-Dié-des-Vosges, nous avons demandé à 5 Déodatiennes et Déodatiens, d’âges et de profils différents, leur opinion sur ce projet de réforme.

Pour Sylvie, cadre en fin de carrière, « j’étais à 5 ans de la retraite et on me rajoute un an et 3 mois, sachant qu’il faut que je cotise 4 trimestres supplémentaires pour avoir un taux plein. Je n’ai de toute façon pas le choix, mais la pilule est dure à avaler. Habituellement quand il y a des réformes, c’est davantage étalé dans le temps. Là c’est vraiment direct, il n’y a pas de demi-mesure. Il y a une génération qui se prend la réforme dans la figure. »

Pour le trentenaire Jérémy, artisan à son compte, « j’ai dans la tête depuis longtemps que ma génération n’aurait pas de retraite, du moins pas sur le modèle actuel. Je m’étais déjà préparé à ça, donc je cotise sur une complémentaire. Quant au projet de réforme, j’ai malheureusement peur qu’on n’ait pas le choix. Lorsque la génération dite des « boomers » va entrer dans la dépendance, et donc être pris en charge en EHPAD, il y aura des restes à charge très importants à payer par l’Etat. Ces restes à charge, il faudra bien les financer. Et ceux qui disent vouloir taxer les riches et s’attaquer à la fraude fiscale, je veux bien mais ce n’est pas si évident que cela à mettre en place. Selon moi, l’important est de vivre en communauté et que personne ne se retrouve sur la paille. Alors si on veut garder un niveau de social élevé, à un moment cela se paye. Et puis on est un des pays d’Europe avec l’âge de départ à la retraite le plus bas. »

Pour Christelle, cinquantenaire auto-entrepreneuse, « je ne suis pas favorable car on ne laisse pas le choix aux gens de savoir ce qu’ils veulent. On pourrait laisser le départ à 62 ans mais sans une retraite à taux plein, avec donc un revenu inférieur. Mais cela laisserait le choix. Là on met une contrainte de plus dans le parcours professionnel. Et on oublie un élément très important dans le recul à 64 ans, celui des associations, dont la majorité fonctionnent grâce aux retraités. Plus on retardera l’âge de la retraite, moins il y aura de bénévoles dans les associations. Mais ce n’est pas grave, cela satisfera un certain nombre de politiques… pour moi, cette réforme est une juste une posture politique. »

Même son de cloche en ce qui concerne les associations pour Robin, salarié à temps partiel et auto-entrepreneur âgé d’une vingtaine d’années, qui estime que cette réforme est « injuste et idéologique… Mais il n’y a pas de surprise, car c’était dans le programme d’Emmanuel Macron. Cette réforme est expliquée clairement comme une réforme libérale pour combler tous les allègements fiscaux faits pour les grandes entreprises. Ce sont des vases communicants. On va prendre sur les retraites des gens pour donner aux entreprises. Cette réforme ne sert qu’à ça. Alors est-ce que l’on vit pour travailler, ou est-ce que l’on travaille pour vivre ? Le gouvernement assume sa conception des retraites en exigeant que ce soit les travailleurs qui, en travaillant davantage, équilibrent à eux seuls les déficits du système. Et tant pis si, quand on pourra enfin s’arrêter de travailler, on sera trop malade, trop abîmé, trop fatigué pour utiliser notre temps comme on l’aurait voulu pour les dernières années de notre vie… C’est également tout le tissu associatif qui va se fragiliser, car un tiers des retraités sont bénévoles dans une association. »

Enfin, François, cinquantenaire employé dans une collectivité territoriale, estime quant à lui que « à un moment donné, il faut penser à ce qu’il y ait des jeunes qui cotisent pour payer les futures retraites de ma génération. Car le vrai souci, ce sont les jeunes en âge de travailler et qui ne travaillent pas. Cela pose la question de l’allongement de la durée de cotisation pour financer le système de retraite tel qu’il fonctionne actuellement. Je trouve que c’est un paramètre fortement minoré que de mettre au travail les personnes éloignées de l’emploi. Concernant la réforme en elle même, il faut prendre en considération le fait que certaines personnes sont en possibilité de travailler plus longtemps que d’autres, qui ont des métiers avec des tâches difficiles notamment physiques. De toute façon, qu’on soit pour ou contre la réforme on n’y coupera pas, on peut manifester mais ça ne changera rien. »

J.J.

[caption id="attachment_195733" align="aligncenter" width="960"]Retraite (Illustration)[/caption]

La mesure phare de la réforme des retraites portée par le Gouvernement, qui sera examinée à l'Assemblée Nationale au début du mois de février, implique un recul de l'âge légal de départ à la retraite, qui passerait progressivement de 62 à 64 ans.

Une mesure qui ne passe auprès de nombreux Français, tout particulièrement du côté des syndicats qui appelaient ce jeudi à une journée de mobilisation nationale contre la réforme. A Saint-Dié-des-Vosges, nous avons demandé à 5 Déodatiennes et Déodatiens, d'âges et de profils différents, leur opinion sur ce projet de réforme. Pour Sylvie, cadre en fin de carrière, « j'étais à 5 ans de la retraite et on me rajoute un an et 3 mois, sachant qu'il faut que je cotise 4 trimestres supplémentaires pour avoir un taux plein. Je n'ai de toute façon pas le choix, mais la pilule est dure à avaler. Habituellement quand il y a des réformes, c'est davantage étalé dans le temps. Là c'est vraiment direct, il n'y a pas de demi-mesure. Il y a une génération qui se prend la réforme dans la figure. » Pour le trentenaire Jérémy, artisan à son compte, « j'ai dans la tête depuis longtemps que ma génération n'aurait pas de retraite, du moins pas sur le modèle actuel. Je m'étais déjà préparé à ça, donc je cotise sur une complémentaire. Quant au projet de réforme, j'ai malheureusement peur qu'on n'ait pas le choix. Lorsque la génération dite des « boomers » va entrer dans la dépendance, et donc être pris en charge en EHPAD, il y aura des restes à charge très importants à payer par l'Etat. Ces restes à charge, il faudra bien les financer. Et ceux qui disent vouloir taxer les riches et s'attaquer à la fraude fiscale, je veux bien mais ce n'est pas si évident que cela à mettre en place. Selon moi, l'important est de vivre en communauté et que personne ne se retrouve sur la paille. Alors si on veut garder un niveau de social élevé, à un moment cela se paye. Et puis on est un des pays d'Europe avec l'âge de départ à la retraite le plus bas. » Pour Christelle, cinquantenaire auto-entrepreneuse, « je ne suis pas favorable car on ne laisse pas le choix aux gens de savoir ce qu'ils veulent. On pourrait laisser le départ à 62 ans mais sans une retraite à taux plein, avec donc un revenu inférieur. Mais cela laisserait le choix. Là on met une contrainte de plus dans le parcours professionnel. Et on oublie un élément très important dans le recul à 64 ans, celui des associations, dont la majorité fonctionnent grâce aux retraités. Plus on retardera l'âge de la retraite, moins il y aura de bénévoles dans les associations. Mais ce n'est pas grave, cela satisfera un certain nombre de politiques... pour moi, cette réforme est une juste une posture politique. » Même son de cloche en ce qui concerne les associations pour Robin, salarié à temps partiel et auto-entrepreneur âgé d'une vingtaine d'années, qui estime que cette réforme est « injuste et idéologique... Mais il n'y a pas de surprise, car c'était dans le programme d'Emmanuel Macron. Cette réforme est expliquée clairement comme une réforme libérale pour combler tous les allègements fiscaux faits pour les grandes entreprises. Ce sont des vases communicants. On va prendre sur les retraites des gens pour donner aux entreprises. Cette réforme ne sert qu'à ça. Alors est-ce que l'on vit pour travailler, ou est-ce que l'on travaille pour vivre ? Le gouvernement assume sa conception des retraites en exigeant que ce soit les travailleurs qui, en travaillant davantage, équilibrent à eux seuls les déficits du système. Et tant pis si, quand on pourra enfin s'arrêter de travailler, on sera trop malade, trop abîmé, trop fatigué pour utiliser notre temps comme on l'aurait voulu pour les dernières années de notre vie... C'est également tout le tissu associatif qui va se fragiliser, car un tiers des retraités sont bénévoles dans une association. » Enfin, François, cinquantenaire employé dans une collectivité territoriale, estime quant à lui que « à un moment donné, il faut penser à ce qu'il y ait des jeunes qui cotisent pour payer les futures retraites de ma génération. Car le vrai souci, ce sont les jeunes en âge de travailler et qui ne travaillent pas. Cela pose la question de l'allongement de la durée de cotisation pour financer le système de retraite tel qu'il fonctionne actuellement. Je trouve que c'est un paramètre fortement minoré que de mettre au travail les personnes éloignées de l'emploi. Concernant la réforme en elle même, il faut prendre en considération le fait que certaines personnes sont en possibilité de travailler plus longtemps que d'autres, qui ont des métiers avec des tâches difficiles notamment physiques. De toute façon, qu'on soit pour ou contre la réforme on n'y coupera pas, on peut manifester mais ça ne changera rien. » J.J.



2 réactions sur “Réforme des retraites : ce qu’en pensent des Déodatiennes et Déodatiens

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.